29 Juillet 2018

Affaire Benalla : il faut ramener Jupiter sur terre.

La dérive autoritaire du président Macron doit être stoppée. L’affaire Benalla, devenue affaire d’Etat pour une grande majorité de Français, révèle un risque grave de dérive du régime vers un pouvoir personnel. Après qu’il a lancé un projet orwellien de loi dite « fake news » instaurant un véritable Ministère de la Vérité, l’Elysée semble s’être doté d’une cellule de sécurité parallèle se comportant comme si elle était au-dessus des lois.

Alors que la sécurité des Français est de moins en moins bien assurée, comme l’illustre la ballade récente à Sarcelles du braqueur Redoine Faïd, ou la hausse du nombre d’agressions, l’affaire révèle aussi un ministère de l’Intérieur court-circuité, mal informé et désavoué. Ainsi qu’un chef de l’Etat se méfiant de la police.

Nous, au Parti Libéral, ne sommes, certes, pas dupes des rivalités entre services à l’origine de telles ou telles fuites, ou de l’opportunisme de politiciens d’opposition en panne de projet. Mais la cascade de privilèges et d’entorses aux règles révélée par la presse et les commissions d’enquêtes du Parlement, pose de graves questions. L’affaire déborde largement celle d’un banal dérapage, le 1er mai, place de la Contrescarpe ainsi qu’au Jardin des Plantes, de M. Benalla. Les prérogatives accordées à ce garde du corps, impliqué dans de nombreux incidents et aux états de service très quelconques, hormis d’avoir assuré la protection du candidat Macron, sont clairement exorbitantes.

Le président de la République doit urgemment des explications aux Français, au lieu de son condescendant « tempête dans un verre d’eau », ou des rodomontades « qu’ils viennent le chercher » qu’il semble adresser aux contre-pouvoirs et institutions de la République, en tant que « seul responsable » des décisions prises. Responsable mais intouchable, selon une inquiétante variante du « responsable mais pas coupable » des années 80…

Pourquoi M. Benalla a-t-il été chargé, à 26 ans, d’une réorganisation des services de sécurité de l’Elysée et nommé lieutenant-colonel de gendarmerie ?

Comment Emmanuel Macron peut-il à la fois se dire fier d’avoir embauché M Benalla et s’estimer trahi par lui ? Trahison qui ne l’a pourtant poussé à le licencier que deux mois après les faits incriminés.

Pourquoi l’Elysée a-t-il prétendu avoir sanctionné M. Benalla, alors qu’il s’est contenté de le mettre au vert deux semaines sans retenue de salaire ?

Pourquoi ce chargé de mission de l’Elysée a-t-il disposé d’une accréditation à l’Assemblée nationale, pourtant exceptionnelle au nom de la séparation des pouvoirs ? Qui croira que c’était pour y avoir accès à la salle de sport, selon son explication risible ?

Pourquoi une telle campagne de dissimulation à coups de mensonges, omissions et contradictions des protagonistes auditionnés par le Parlement ? Pourquoi la commission de l’Assemblée présidée par un député d’En Marche pratique-t-elle une obstruction systématique, qui choque les Français de tout bord ?

D’ores et déjà la capacité du chef de l’Etat à mener les réformes, son discours sur la république exemplaire et sa stature internationale sont amoindries. S’il veut sauver son quinquennat, Emmanuel Macron doit d’urgence renoncer à son style de présidence arrogante. Ou rendre des comptes.