10 Mars 2010

Agriculture française: changement de paradigme pour endiguer son déclin

La réussite de l’agriculture française est inversement proportionnelle à l’engouement des hommes politiques pour le salon de l’agriculture. Il faut dire que l’influence de l’agriculture française reste bien supérieure à son poids dans la population active, de seulement 3.5 %. Sa perte de compétitivité et l’érosion lente des revenus des agriculteurs illustrent son déclin, malgré un soutien public annuel proche de 30.000 euros par exploitation. Il ne faut pas chercher les causes de la crise agricole dans les marchés mondiaux, mais plutôt dans nos réglementations ; sans oublier notre niveau dramatique de prélèvements obligatoires. Comment expliquer que l’Allemagne exporte davantage que la France et se situe désormais à la quatrième place mondiale ? L’avenir de l’agriculture repose sur un changement de modèle plutôt que sur des aides et une administration étoffée.

Une partie de l’explication tient dans le poids de la bureaucratie agricole française. Pour 1 million de personnes travaillant dans ce secteur, le ministère de l’agriculture emploie 40.000 personnes auxquels il convient d’ajouter les 7.800 salariés des chambres d’agricultures et les nombreuses structures parapubliques. Les interprofessions gouvernées par des syndicats sont financées par une fiscalité anachronique dénoncée au niveau européen : les cotisations volontaires obligatoires (sic). Au final, on peut estimer que pour 10 personnes travaillant dans l’agriculture, un salarié du secteur public et parapublic se charge de l’octroi des aides, des contrôles et des conseils d’adaptation à la réglementation.

L’agriculture subit la domination des SAFER, structures paraétatiques lourdement subventionnées, exonérées de taxes sur les transactions et dominées par les syndicats agricoles. L’Etat a délégué à ces structures un pouvoir quasi absolu sur les ventes et échanges de terres agricoles, jusqu’à la préemption à prix imposé. L’Ifrap a dénoncé l’impact négatif de ces institutions dont la mission est de s’opposer arbitrairement aux principes fondamentaux de la propriété privée.

Un dernier handicap risque de couler définitivement l’agriculture française. La domination croissante de l’écologie politique pousse la France à aller plus loin que l’Europe en matière de réglementation écologique. La stricte application du principe de précaution sans aucun recul menace toute chance de progrès et d’innovation dans les secteurs des semences, de l’alimentation animale, de la protection contre les parasites. Le contre exemple allemand est particulièrement frappant. Alors que ce pays consacre une plus grande superficie à l’agriculture biologique que la France, il va autoriser la culture de pommes de terre génétiquement modifiées, plus économes en eau, en énergie et en terres arables. Pourtant, la candidate UMP Chantal Jouano a choisi d’aligner son discours sur l’obscurantisme de l’écologisme le plus extrémiste pour dénoncer ce progrès technologique.

Pour le Parti Libéral Démocrate, l’avenir de l’agriculture française se trouve dans l’innovation et les gains de compétitivité. En période de déficits publics aggravés, le gouvernement a le devoir de réduire la bureaucratie agricole, coûteuse et paralysante. Il doit également libérer les transactions de terres agricoles de leurs carcans actuels pour respecter le principe constitutionnel de la propriété privée. Enfin, les freins à la modernisation des exploitations doivent être supprimés, à commencer par la réduction des charges et de la fiscalité. Enfin, il faudra réduire voir supprimer les subventions agricoles.