07 Novembre 2012

Félicitations à Martine Aubry pour sa mise en examen

La maire de Lille accomplit ainsi un pas décisif vers Matignon, tant il est vrai que dans la "République irréprochable" de François Hollande, il vaut mieux avoir été condamné par la justice - à l'instar de Jean-Marc Ayrault ou d'Arnaud Montebourg - pour accéder aux plus hautes fonctions gouvernementales. On comprend mieux, rétrospectivement, pourquoi le Parti Socialiste s'est adonné à tant de leçons de morale durant le quinquennat précédent : c'était par impatience de plonger, à son tour, dans les affres de la justice.

Mais surtout, Martine Aubry a la joie de voir appliquer une règle de bonne gouvernance qui lui tient à coeur et qu'elle a promue durant toute son action politique, de même que la plupart de ses collègues de droite comme de gauche qui ont voté avec enthousiasme la réforme constitutionnelle de 2005 : le principe de précaution. Un principe dont les bonnes intentions ne sont pas contestables, mais qui permet désormais de tenir tout acteur public responsable de n'avoir pas sur-protégé. Martine Aubry doit sans aucun doute être présumée innocente à ce stade de la procédure. Mais dans la folie surrégulatrice et démagogique de ces vingt dernières années, folie que l'ancienne première secrétaire du PS a alimentée plus souvent qu'à son tour, cela n'est plus suffisant. Ceux qui laissent passer le moindre risque sont punis. L'Etat en proie à la peur panique du dérapage n'appuie plus que sur une seule pédale : celle du frein. Le recul du gouvernement sur le gaz de schiste en est la dernière illustration.

Qui peut reprocher à la justice d'appliquer une logique de précaution que les responsables publics n'ont cessé de réclamer? Si Martine Aubry appliquait ce principe jusqu’au bout, nous devrions l’entendre démissionner de ses mandats de Maire de Lille et de présidente de la Communauté Urbaine. Martine Aubry, ou l'arroseur arrosé.