18 Janvier 2010

G20 = G2 + grosse bulle

 Le G20 s’est résumé à une négociation en coulisse entre les Etats-Unis et la Chine sur le dollar et la dette américaine. Au final, nous y décelons les signes précurseurs d’une bulle bien plus grave que les subprimes, celle des dettes publiques partiellement financées par la planche à billets. Ces graves déséquilibres mettent en péril la reprise et le retour durable de la confiance. Les Français doivent avoir conscience que la diminution rapide des dépenses publiques devient une priorité vitale pour notre pays et pour l’Europe. Pour favoriser la reprise, il nous faut reprendre les réformes structurelles préconisées bien avant la crise en vue de libérer les talents de notre pays, à l’école comme dans l’entreprise.

Les Etats-Unis ont trop longtemps vécu à crédit sur le dos de la Chine. Leur déficit commercial a permis au gouvernement américain de récupérer les réserves chinoises de dollars pour financer ses déficits. N’acceptant pas de réévaluer le Yuan pour réduire ce déséquilibre, la Chine est ainsi devenue le premier créancier de l'état américain, et son partenaire obligé. La Chine est aujourd’hui piégée et souhaite limiter la fonte de la valeur de la dette américaine qu’elle détient. Plutôt que de faire bouger sa devise sous-évaluée, la Chine semble accepter que la Fed fasse tourner la planche à billets à plein régime avec le relais du FMI à l’échelle mondiale. En échange, Macao et Hong Kong ne figurent pas sur la liste des « paradis fiscaux » visés par la vindicte populiste. Cette dévalorisation du dollar par l’inflation ne marque pas pour autant la fin du dollar comme monnaie de référence. Car l’Euro n’est pas en état de prendre le relais, tant que le modèle social et économique des pays qui le composent ne sera pas rénové. La responsabilité qui est la nôtre, c’est de rappeler aux Français que l’avenir appartient à ceux qui laissent les individus exploiter pleinement leurs talents en privilégiant adaptabilité et innovation.

Ce pacte avec le diable encourage la formation d’une gigantesque bulle. L’hyper croissance des dépenses publiques assèchent l’épargne mondiale. Le secteur privé et les petits pays évincés doivent se tourner vers les grands Etats et leurs institutions pour financer leurs besoins. Cette Etatisation de l’économie mondiale permet aux grands pays d’imposer leurs conditions à tous, de l’encadrement des rémunérations à la lutte contre la concurrence fiscale. L’épargne ne suffisant pas à financer les déficits publics excessifs, la planche à billets est appelée à compenser les besoins croissants des grandes nations. L’inflation résultante menace ainsi la reconstitution de l’épargne et l’investissement, au risque d’enclencher une spirale menant à l’hyperinflation. C’est pourquoi nous nous opposons aux plans de relance à l’efficacité contestable, et réclamons une réduction de la dette publique.

Une fois de plus, des mesures publiques prétendent résoudre la crise actuelle, et portent en fait les germes de la crise suivante. Une reprise sereine repose avant tout sur des économies libres, innovantes et ouvertes. Le gouvernement français ne peut pas accélérer la reconstitution de l’épargne dans les pays qui ont abusé du crédit, surtout s’il encourage l’inflation. Il a en revanche le pouvoir de démarrer les réformes du marché du travail, des assurances sociales, des collectivités locales et de l’Etat. Enfin, son devoir est de promouvoir le libre-échange s’il souhaite accélérer la reprise.