16 Mars 2011

Japon : écoeurante récup' des écolos

Le Japon est en train de compter ses morts par milliers, peut-être par dizaines de milliers. A ce stade, ils ne pleurent pas leurs disparus à cause d’un accident nucléaire mais bien à cause de’une double catastrophe naturelle. Avec le poids de son histoire ponctuée de drames similaires, c’est avec beaucoup de dignité que le Japon nous fait une leçon de résilience. Pour le monde, l’urgence doit être à la solidarité et à l’aide technologique et humanitaire. Mais manifestement, tout le monde ne partage pas ce sens des priorités au service de la préservation de la vie. Les verts, eux, ont vu dans cette tragédie une opportunité formidable pour dégainer le katana (arme non polluante) et charger l’humanité sans attendre la fin de la période d’urgence, de deuil et de bilan.

A les entendre, le dieu nature a frappé le Japon pour les vilains péchés du capitalisme mondialisé. Ils ont fait des émules, comme Staffan Nilsson, président du « Comité économique et social européen », organe consultatif de l’Union européenne. Il porte atteinte à la mémoire des victimes lorsqu’il ose affirmer publiquement : « Quelques îles affectées par le changement climatique ont été touchées. Le temps n’est il pas venu de montrer de la solidarité – pas moins de solidarité dans le combat et l’adaptation au changement climatique et au réchauffement global ? Mère nature nous a, de nouveau, fait signe que c’est cela que nous devons faire. » Aucun scientifique sérieux n’a établi de rapport entre le réchauffement climatique et ce tremblement de terre suivi d’un tsunami.

Nous restons dans cette vision terrible d’une pénitence méritée. Lorsqu’un avion s’écrase, l’industrie aéronautique souffre et se remet en question. Les avions continuent à voler. De la même manière, le bilan de la catastrophe donnera lieu à la révision des normes de sécurité dans le monde. Mais en attendant l’arrivée de nouvelles sources d’énergie exploitables à grande échelle à un coût raisonnable, comment envisager faire une croix sur le nucléaire ? Aujourd’hui, aucune énergie n’est inoffensive. Les dommages humains, environnementaux, et parfois géopolitiques causés par les mines de charbon, l’exploitation et le transport du gaz et du pétrole, ne sont pas anodins.

Pourtant, l’abondance énergétique reste une composante clef des progrès de l’humanité. Sans les développements technologiques qu’elle a permis, le séisme et le tsunami auraient pu causer des dégâts humains bien supérieurs. En 2003, le tremblement de terre à Bam, en Iran, a fait 35.000 morts pour une magnitude de « seulement » 6.5 sur l’échelle de Richter. Profiter de la détresse du Japon et du désarroi du reste du monde pour exiger la fin du nucléaire, c’est par conséquent aussi indécent qu’absurde.

Les Verts, par leur dogmatisme déshumanisé, ressemblent aujourd’hui à une secte qui se nourrit du sang et des larmes de l’humanité. Ses adeptes suivent de très près l’échelle de Richter des tragédies de l’humanité pour promouvoir leur vision autoritaire et punitive. Anecdote éclairante, Yves Cochet s’est fait promoteur de la « grève des ventres », afin d’inciter les femmes à ne pas avoir plus de deux enfants.

Cette mécanique punitive s’inscrit parfaitement dans la logique des Verts. En effet, il n’y a rien de plus polluant que les êtres humains. Depuis, je n’ai jamais entendu un responsable écolo dénoncer sa proposition, mais j’admets ne pas regarder la télévision jour et nuit. En tout cas, la secte verte n’aime pas les êtres humains, elle leur préfère la nature. Lorsque celle-ci se fâche, tremble et noie des centaines de milliers d’êtres humains, peut-être devraient-ils avoir le courage d’admettre que dans leur perspective de décroissance anticapitaliste, « ça fait le ménage ».

Publié sur le Blog d'Eric Brunet