14 Novembre 2013

La commission européenne nivelle par le bas

Barroso à Hollande : Réformez ! D'urgence.  Le Point.fr - Publié le 29/05/2013 à 18:22 - Modifié le 29/05/2013 à 20:05 La Commission européenne a certes accordé un délai à la France, mais au prix de lourdes et urgentes réformes. Deux années cruciales en perspective... Manuel Barroso et François Hollande, le 15 mai. Manuel Barroso et François Hollande, le 15 mai. © Thierry Charlier / AFP

Le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, a attaqué hier l'Allemagne sur son excédent courant supérieur à 6%. Comme ses nouvelles attributions le lui permettent, il a indiqué lancer une procédure pouvant amener une sanction pécuniaire de 0,1% du PIB.

L'Allemagne enregistre de bons résultats économiques. Son taux de chômage, même s'il est meilleur que le nôtre, n'est pas exceptionnellement bas à 5,2 %. Pourquoi s'en prendre à ceux qui gèrent sainement leur économie ? D'autant plus que M. Barroso trouve le projet de budget présenté par la France "globalement satisfaisant" : progression des dépenses publiques de 20 milliards d'euros (1199 Md€ de dépenses prévues pour 2014 contre 1180 Md€ en 2013) et hausse des prélèvements obligatoires de 25 Md€ (976 contre 951 Md€). Malgré ces chiffres accablants, aucune réforme d'envergure n'a lieu. La Commission européenne a un problème de cécité.

Les perspectives démographiques allemandes (taux de natalité de 1,3 enfant par femme, contre 1,9 en France) justifient largement un excédent courant, d'autant qu'il repose à trois quarts sur des exportations hors de l'Union européenne. Pour se préparer au coût massif à venir d'une société de retraités (pension et assurance maladie), il est normal que l'Allemagne joue les fourmis sur la période 1990-2020. "L'hiver sera rude". Si l'épargne et l'investissement productif n'étaient pas aussi réprimés en France, un excédent courant y serait également être constaté tout comme en Europe dans son ensemble, pour parer au déclin démographique au regard de l'Amérique du Nord et des pays émergents.

La commission ne doit pas se tromper de cible en décourageant une gestion saine du présent, d'autant que les Etats ne contrôlent pas leur balance commerciale. La commission devrait plutôt ouvrir les yeux sur la fuite en avant de plusieur pays du sud qui laissent filer l'endettement à un niveau tel qu'aucune reprise économique réaliste ne permettra de le résorber. Le PLD exige au contraire un retour plus rapide de la France à l'orthodoxie budgétaire par un recentrage de l'Etat sur ses missions régaliennes. Nous appelons à une baisse considérable de la fiscalité sur l'entreprise et le succès, et une baisse encore plus importante des dépenses publiques à raison d'un euro de baisse de la fiscalité pour au moins deux euros de baisse de la dépense.