16 Janvier 2014

La fausse conversion du Président Hollande

Par Jean-Claude Coutausse pour Le Monde

Il aura fallu 18 mois d’exercice du pouvoir au Président de la République pour découvrir enfin que « l’offre créé la demande ». François Hollande a certes évoqué un certain nombre de mesures qui vont dans le bon sens, comme la baisse de 50 milliards d'euros de dépenses publiques et  la suppression des 35 milliards de cotisations familiales. Mais elles ne s’attaquent pas au cœur du mal. Le code du travail, les professions réglementées et la sur-taxation du capital restent autant de barrages au développement des entreprises et, par conséquent, au rebond de l’emploi. Les assurances sociales restent des monopoles ruineux qui protègent de moins en moins bien. C’est pourquoi le PLD ne peut soutenir cet assemblage de propositions insuffisantes et sans cohérence. Les Français auront le sentiment d’une grande tromperie lorsqu’ils découvriront très vite le résultat de ces réformes timides. Il est vital pour la France d’aller beaucoup plus loin dans la liberté rendue aux entreprises.

La réforme des collectivités locales, ainsi que la volonté affichée de gagner de la croissance par la simplification sont mal engagées. Au lieu d’avoir le courage d’annoncer la suppression pure et simple des départements, on nous parle de faire disparaître quelques régions et de substituer les métropoles aux départements en zones fortement urbanisées. C’est un jeu de chaises musicales pour flatter et sécuriser les barons locaux du PS qui ne freinera en rien les dépenses clientélistes. De même, commencer à créer un comité de plus pour simplifier ne manquera pas de prêter à sourire.

Enfin, l’accélération de la réduction de la dépense publique irait dans le bon sens si la baisse de 15 milliards déjà réalisés avait la moindre réalité. Nous en cherchons toujours le détail. Les 50 milliards évoqués représentent 2.5% du PIB. C’est moins du tiers de l’effort nécessaire pour ramener le poids de l’Etat (57% du PIB) à la moyenne de la zone euro (49%). Pour être réelle et durable, la réduction de la dépense ne pourra provenir qu'une remise à plat des missions de l’Etat et à son recentrage sur un périmètre modernisé.

Manifestement, ni le Président de la République, ni son Gouvernement, ni sa majorité n’ont une vision juste et claire de la mutation en cours de notre société ouverte sur le monde.

Et même si certains se laissaient abuser en faisant crédit à François Hollande d’une conversion timide à une sorte de social-libéralisme, il est évident que sa majorité, dans un sauve qui peut aussi clientéliste que chaotique, ne le suivrait pas longtemps dans cette voie.