04 Novembre 2010

L’accord franco-britannique de défense renforce notre indépendance militaire

Les forces de défense européennes, déjà très faibles, ne doivent pas faire les frais de la diète des budgets étatiques. Le PLD salue donc l’accord franco-anglais du mardi 2 novembre, historique, qui va permettre d’améliorer l’efficience de ce poste budgétaire, compétence-clef d’un Etat régalien, tout en préservant nos capacités militaires et notre indépendance stratégique. Par ailleurs, il nous rapproche du Royaume-Uni, un ennemi historique mais sans doute notre allié le plus fidèle depuis le XIXe siècle (nous n’avons plus été en guerre depuis 1815).

Les matériels militaires sont de plus en plus sophistiqués et coûteux (missiles, porte-avions, avions de chasse, drones, véhicules blindés de guérilla urbaine, etc.). Les armées européennes, dispersées, atomisées, dotées d’équipements passablement obsolètes, ne font plus du tout le poids face à l’armée américaine, bientôt à l’armée chinoise. Pour être mesure de nous défendre sans devoir supplier notre allié américain et céder à ses exigences politiques, il nous faut une armée efficace et indépendante, dotée de matériels modernes dont nous sommes désormais financièrement incapables d’assumer seuls les coûts de conception.

Il est également indispensable de maintenir notre dissuasion nucléaire. Elle nous a sauvés des forces invasives de l’URSS, elle servira à parer les futures menaces qui pourraient venir de différents horizons. La crise actuelle et les changements structurels qu’elle implique peuvent déboucher sur une remontée des tensions et des tentations d’action militaire de régimes instables.

Les capacités de déploiement des forces conventionnelles françaises sont aujourd’hui très faibles. Avec ses contingents en Côte d’Ivoire, au Liban et en Afghanistan, l’armée française est presque au maximum de ses capacités opérationnelles, bridées par la vétusté des matériels. L’application du livre blanc de la Défense est nécessaire : l’armée est éparpillée sur un nombre beaucoup trop important de bases militaires, héritées d’un passé révolu. Nos soldats l’appliquent d’ailleurs avec dignité, sans se livrer aux singeries récentes des syndicats français, malgré une reconnaissance nationale insuffisante.

La mutualisation des dépenses d’entretien de l’A400M, de conception des drones et de certaines dépenses de la force nucléaire sont des éléments clefs de la collaboration franco-britannique ; elles ne mettent nullement en cause notre indépendance, bien au contraire : elles préservent notre position militaire.