17 Septembre 2010

Les finances publiques boivent la tasse, les Français trinquent

Les annonces récentes de Christine Lagarde et François Baroin nous confirment que la cure d’austérité ne concernera pas tant l’État que le contribuable. Dès la prochaine saison, le coup de rabot sur les niches fiscales rendra à l’impôt sur le revenu toute la nocivité de sa progressivité. En remplacement de cette absurde complexité, qui favorise les foyers fiscaux bien insérés dans la société (politique), le Parti Libéral Démocrate préconise la suppression des 200 niches fiscales, en contrepartie de l’instauration d’une « flat tax » sur le revenu, qui remplacera l’IRPP, la CSG et la CRDS.

Après avoir pénalisé l’assurance vie et les mutuelles santé par de nouvelles taxes cet été, l’augmentation de la fiscalité sur l’intéressement, la participation et l’épargne salariale qui vient d’être annoncée constitue un nouveau tacle sur l’épargne des Français ; elle suit de peu l’annonce du relèvement "Baroin-Sarkozy" de la TVA sur les offres internet « triple play ».

Au lieu de réduire le coût du régime de sécurité sociale étatique, aussi démesuré qu’inefficace à faire reculer la précarité, au lieu de recentrer l’État sur ses missions essentielles --les seules qu’il peut assurer de manière efficiente--, le Gouvernement a donc choisi la solution du passé : l’expansion des impôts. Le Parti Libéral Démocrate s’insurge contre ce fardeau supplémentaire qui pèsera sur la compétitivité de la France, l'emploi et le pouvoir d’achat. Il se confirme finalement que, dans le domaine de la réduction des gabegies publiques, l’immobilisme est en marche, avec ce gouvernement comme avec les précédents.

Le signal envoyé sur les moyens qui seront utilisés pour tenir son petit engagement de ramener le déficit public à 6,0% en 2011 et 4,6% en 2012 est très mauvais : « nous sommes fermement décidés à ne pas nous attaquer à la dépense publique, qui ne représente que 56% du PIB ; nous allons plutôt agir en douce par une myriade de petites taxations supplémentaires, dont les effets néfastes sur l’économie et l’emploi ne se feront sentir qu’après notre réélection. » Une fois de plus, le gouvernement n’offre aucune vision cohérente pour une relance durable de l’économie. Il devrait plutôt rassembler son courage et simplifier les dépenses "sociales" qui n'ont cessé d'augmenter jusqu'ici !

Car l’essentiel des problèmes se trouve du côté des dépenses publiques. Elles figurent parmi les plus élevées de la planète. Après 20 ans de dérive, l’un de ses postes les plus importants, le maquis des aides sociales, atteint un niveau déraisonnable que le RSA n’a pas du tout entamé ; non contentes d’aspirer le pouvoir d’achat des contribuables, ces « aides » créent des trappes à pauvreté : elles découragent, elles empêchent les plus modestes de sortir du chômage et de revenir progressivement vers des formes d’emploi pérennes, d’accumuler l’expérience qui leur procurerait une rémunération satisfaisante.

Plus que jamais, notre sécurité sociale étatique et ses règlementations kafkaïennes étouffent l’activité économique. Le poids de cette prétendue protection sociale doit revenir du tiers au quart de notre PIB, comme cela était le cas il y a 20 ans.