12 Janvier 2011

Libérons la durée légale du travail

Dix ans après la mise en place des 35 heures, malgré la multitude de lois votées pour en aménager les effets, leur bilan est désastreux. Le nombre d'heures travaillées n’a pas augmenté. En revanche, les PME-PMI sont confrontées à une complexité accrue, source d’incertitude néfaste à l'investissement. La défiscalisation des heures supplémentaires - mesure phare du programme de Nicolas Sarkozy - a permis un petit allègement du coût du travail, davantage par effet d’aubaine. Mais elle a surtout engendré des coûts de gestion considérables pour les entreprises, et accru les distorsions entre les PME et  les grandes entreprises armées pour décrypter un code du travail en changement continuel. Au final, elle a aggravé les déséquilibres des comptes sociaux sans pour autant résoudre les problèmes fondamentaux du marché du travail.

Le "partage du temps" de travail repose sur un présupposé erroné et dévastateur : la création des nouveaux emplois reposerait sur le partage des anciens emplois, alors que la création de nouveaux emplois ne repose que sur l'émergence de nouvelles activités. Pour nous hisser au niveau de prospérité des Pays-Bas, des pays nordiques, de l’Allemagne, il est nécessaire de replacer au cœur de notre fonctionnement économique une notion fondamentale : la liberté ! Liberté d’entreprendre, liberté de travailler 30 heures ou 45 heures. Dans notre monde ouvert dans lequel les services prennent une place de plus en plus importante, il est inconcevable de limiter un individu au choix presque irrémédiable fait vers 20 ans. Certaines orientations, telles la médecine ou les écoles d'ingénieurs, sortent automatiquement du cadre de la loi avec des semaines atteignant ou dépassant le plus souvent 70 heures. Il en va de même pour les métiers de commerçant. En revanche, les formations d’employés ou d’ouvriers qualifiés interdisent d'échapper à la norme étatique.

En fait, les 35 heures ont accentué le coût excessif du travail horaire non qualifié. Avec l'augmentation des impôts, elles ont provoqué la stagnation des salaires moyens et bas. Une baisse de charges sociales sur les bas salaires a permis de limiter la casse pour les travailleurs moins qualifiés mais elle a également eu pour effet pervers de renforcer la « smicardisation » par un effet de « trappe à bas salaires » du fait que les employeurs perdent le bénéfice des baisses de charges lorsqu’ils remontent les salaires.

A terme, le Parti Libéral Démocrate souhaite la fin de la durée légale du travail, et celle de l'exonération d'imposition des heures supplémentaires. Nous préconisons en contrepartie une baisse des charges sur l'ensemble des heures de travail, et le financement d'une augmentation du coût du "RSA activité"  pour assouplir le salaire minimum sans pénaliser financièrement les travailleurs peu qualifiés.  Il est temps de libérer le temps de travail dans l'intérêt de tous.

 

Nous vous invitons à consulter l'article publié dans les Echos de trois grands économistes français spécialistes du marché du travail : Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo et André Zylberberg. Nous partageons leur diagnostic et leurs conclusions : http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0201067362108-pour-que-le-debat-sur-les-35-heures-serve-enfin-a-quelque-chose.htm