22 Mars 2012

Pour le pluralisme scolaire

Pour résoudre les difficultés de notre système scolaire, il faut accepter de modifier l’organisation de l’Education nationale. Le système de l’administration géante qui impose le même fonctionnement, les mêmes programmes et les mêmes méthodes à toutes les écoles, sans qu’elles puissent s’adapter aux besoins et aux aptitudes de leurs élèves, n’est plus adapté à notre temps. En s’appuyant sur des expériences étrangères réussies, cette étude propose un nouveau principe : que la collectivité finance l’enseignement, mais que la prestation  l’enseignement soit assurée par des écoles indépendantes, librement créées et gérées, capables d’innover et de faire jouer l’émulation.

Correctement conçu, ce système permet d'offrir un accès à tous les enfants sans conditions de ressources, un enseignement adapté à chacun, une garantie contre les dérives idéologiques ou sectaires et une gestion rigoureuse des fonds publics. Il peut être introduit en quatre étapes :

  1. Le Parlement vote un cahier des charges que toutes les écoles doivent respecter. Il prévoit notamment des normes minimales de compétences et de diplômes pour les enseignants,  l'obligation d'enseigner les règles civiques de base de notre pays et l'interdiction d'enseigner des principes qui leur soient contraires, pour éviter toute dérive sectaire ou communautariste.
  1. Chaque école candidate établit un projet d'école, qui respecte le cahier des charges mais qui peut prévoir des programmes plus riches, des exigences plus grandes, des activités  supplémentaires.
  1. Ce projet est soumis à l'agrément d'un organisme de contrôle qui détermine si le projet d'école est conforme au cahier des charges.
  1. Si le projet est déclaré conforme, l'école peut passer un contrat avec la puissance publique, qui lui attribue une dotation financière annuelle, proportionnelle au nombre et à l'âge des enfants inscrits.

L’école est ensuite régulièrement inspectée par l’organisme de contrôle, qui peut lui retirer l’agrément, et donc son financement public, si elle ne respecte pas son projet d’école.

Les écoles sont les employeurs de leurs personnels enseignants et administratifs. Elles peuvent se regrouper en réseaux, afin de partager des activités pédagogiques, éviter l’isolement intellectuel et offrir des évolutions de carrière aux enseignants. Chaque réseau d’écoles accumule ainsi de l’expérience, une culture et une identité propres qui permettront à terme dans notre société l’émergence de foyers intellectuels et spirituels nouveaux. Ce système possède en outre l’avantage de pouvoir démarrer avec un petit nombre d’écoles à statut expérimental. Et il ne remet pas en cause les droits des personnels d’enseignement actuels : ceux qui le souhaitent pourront être détachés dans les nouvelles écoles sans que leur statut ni le déroulement de leur carrière soient remis en question.

 

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