20 Janvier 2010

Privatiser la Poste, c'est en faire un champion européen

Le projet de loi de modernisation de La Poste devrait être soumis au vote des Parlementaires à partir de l’ouverture de la session ordinaire en octobre prochain. Le Parti Libéral Démocrate accueille très favorablement ce changement de statut. Il permettra d’engager la transformation d’un établissement inadapté aux nouveaux défis postaux en une entreprise tournée vers le service au client et la performance. Il importera ensuite que l’Etat se retire rapidement du capital de La Poste, et que le statut de ses salariés soit aligné sur celui du secteur privé. Elle pourra alors réaliser les opérations de croissance externe ainsi que les économies d'échelle nécessaires pour affronter le marché européen dans un marché en pleine mutation.

En effet, comme le montrent les nombreux rapports officiels, ou des think tanks spécialisés comme l’iFRAP, les concurrents étrangers, privatisés, font bien mieux que notre fleuron national. En pleine chute du chiffre d'affaire du courrier aux particuliers, la Poste française ne pourra affronter le changement entraîné par le boom des messageries électroniques et Internet sans modifier son mode de fonctionnement et réduire ses coûts. La poste allemande parvient à réaliser un chiffre d’affaires moyen par salarié deux fois plus élevé que notre Poste publique. La Poste néerlandaise TNT, privatisée en 1989, est devenue l’acteur numéro 1 français pour les colis auprès des entreprises et réalise près de 60 % de son CA à l’étranger, contre seulement 15 % pour la Poste. Enfin, ces performances économiques des sociétés privées sont accompagnées d’une meilleure qualité de service. Les postes allemande, néerlandaise, suédoise, délivrent le courrier dans des délais beaucoup plus courts que leur homologue française. Et pourtant, La Poste française publique porte une dette de 6 milliards d’euros, sans compter les engagements de retraite de 45 milliards d’euros qu’elle fait payer aux contribuables. Elle aura donc besoin de capitaux privés pour se réformer.

Le Parti Libéral Démocrate salue donc les syndicats responsables (malheureusement minoritaires) qui se sont opposés à la grève et reconnaissent la nécessité de transformer la Poste en Société Anonyme et d’ouvrir son capital. Pourtant, ce projet de loi est loin d’être suffisant devant les défis que va poser l’ouverture totale à la concurrence à partir de 2011. Il convient de revoir en profondeur les quatre missions de service public de la Poste (service universel postal, aménagement du territoire, accessibilité bancaire et transport de la presse) et le statut préférentiel des 165.000 postiers fonctionnaires.