25 Octobre 2012

Quand le journalisme en ligne subventionné éclaire le monde, et les partis, sur la politique américaine

Le Parti Libéral Démocrate remercie le confondateur du journal en ligne subventionné Rue 89 Pierre Haski pour sa leçon magistrale de politique américaine. Répétons-le bien fort pour que tout soit clair : nous sommes des amis des entrepreneurs, comme son récent article le souligne, et des ennemis de M. Obama.

Que nous dit Pierre Haski ? « Obama n’a finalement pas fait grand chose de différent de George W. Bush sur la scène internationale, mais son action est lisible, rationnelle, bref européo-compatible. »
 
"Européo-compatible" : quel drôle de jargon pour masquer l'ineptie de la pensée. Prenons Pierre Haski au mot. L’action de George W. Bush suite au 11 septembre n'était-elle pas parfaitement lisible (« vous êtes avec nous ou contre nous »), rationnelle (installons la démocratie dans un pays clé, en la finançant sur du pétrole) et même "européo-compatible" (inutile de rappeler que la France s’est retrouvée sur cette période là en large minorité sur son propre continent)? Une politique étrangère lisible, rationnelle et européo-compatible n’est donc pas nécessairement bonne.
 
Oui, mais « Romney bombe le torse et veut réarmer, alors qu’Obama est un ange qui a « rehaussé l’image des Etats-Unis dans le monde ».
 
Obama a surtout rehaussé l’image des Etats-Unis dans Le Monde, ce qui est à la fois beaucoup pour les journalistes parisiens, mais finalement assez négligeable à l’international. Car si quelqu’un a constaté une érosion marquée de l’anti-américanisme dans les « points chauds » de la planète, qu’il nous donne d’urgence ses sources. Les récentes manifestations dans les pays arabes, où le drapeau américain a été brûlé des milliers de fois, en sont la preuve. On rappellera à toutes fins utiles les bombardements réguliers par des drones d’un pays doté de l’arme nucléaire, le Pakistan, malgré ses protestations.
 
Dernier argument, suprême : l’inexpérience de Romney, ses « gaffes ». Evidemment, avec un tel argument, on ne change jamais de président. Obama le chicagolais n’avait pas non plus d’expérience internationale. Et il ne s’en est pas si mal sorti.
 
Bref : Pierre Haski justifie la supériorité d’Obama sur Romney sur la base de ce qui les différencie le moins. Car le trait remarquable de la politique étrangère des Etats-Unis, c’est la grande résilience des intérêts qui l’animent. Les nuances entre Républicains et Démocrates sont donc (très) marginales.
  
Non la vraie différence entre Obama et Romney, c’est l’économie (« it’s the economy, stupid », disait Clinton, un tout autre calibre). Evidemment, quand on vit des impôts payé par d’autres, comme l’a toujours fait Obama, militant associatif, enseignant puis Parlementaire, ou comme le fait aujourd’hui le journal de Pierre Haski, c’est peut-être un point mineur. Mais pour beaucoup, c’est un un critère de choix décisif. Obama propose aujourd'hui aux Etats-Unis la solution des socialistes français : plus d'Etat, plus de taxes, plus de régulations. Tout cela est attendrissant et sans doute sincère, mais ce n'est pas avec de bons sentiments qu'on fait de la politique. La dette américaine a dépassé 100% du PIB. Les premiers à bénéficier des politiques de M. Obama, ce sont les oligopoles (les banques "too big too fail"). Les premiers à en pâtir, ce sont les consommateurs (dont le pouvoir d'achat est en train d'être décimé par la planche à billets). 
 
Les Etats-Unis ont montré au monde depuis des siècles le chemin de la liberté, de l'esprit d'entreprise, de la réussite individuelle. C'est cet héritage que Mitt Romney veut préserver aujourd'hui. 
 
Aurélien Véron, Arnaud Dassier et Eric Juramy