31 Mai 2010

Réforme des retraites : au PS comme à l’UMP, c’est le bal des hypocrites

La crise de la dette accroît l’ampleur du déséquilibre de notre système de retraites. Pour la première fois dans notre histoire, la retraite moyenne est supérieure au salaire moyen dans notre pays. Tenant compte des tendances démographiques, les salariés, qui aujourd’hui payent des cotisations représentant le quart de leur salaire pour financer ces retraites généreuses, devinent qu’eux-mêmes auront beaucoup moins. Les réglages techniques promis par la droite comme par la gauche promettent de mener le système à la ruine et d’appauvrir une grande partie des Français. Pour parer à cette dégradation sociale et financière sans précédent, le Parti Libéral Démocrate rappelle la nécessité de faire des fonds de pension le pilier central de la retraite.

Quelle ironie de voir nos élites défendre un système de redistribution érigé en symbole d’une société Française solidaire, hérité du très paternaliste Maréchal Pétain ! Conscients du prochain désastre que l’évolution démographique va engendrer sur l’équilibre du système, les deux principaux partis divergent peu sur ses modes de financement et ses ajustements à la marge.

Incapable de rompre avec l’héritage de Mitterrand, le parti socialiste nous promet un retour à la force tranquille des années 80 et aux lendemains qui chantent. Deux mots d’ordre : « la retraite à 60 ans » et « faire payer le capital », en taxant tout ce qui reste encore à taxer dans notre pays. Dans ce jeu de dupes, les dirigeants du PS ne croient pas eux-mêmes à leurs propres propositions. Après Manuel Valls, c’est Dominique Strauss-Kahn qui a remis les pendules à l’heure face au dogmatisme de Martine Aubry. L’hypocrisie tacticienne de la secrétaire générale du PS ferait sourire si la France ne se retrouvait pas aujourd’hui dans une telle détresse après 30 ans de gestion étatique et social-démocrate.

A droite, le gouvernement propose prudemment d’allonger le nombre de trimestres de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Il promet néanmoins de « changer les règles de manière très progressive ». Pour faire bonne figure, il annonce « taxer les riches » par de nouveaux prélèvements sur les hauts revenus sans annoncer le seuil ni le taux de la pression fiscale supplémentaire. Sans atteindre la démagogie de la gauche, ces propositions garantissent aux Français qu’ils continueront à payer beaucoup et longtemps pour une retraite de plus en plus faible. Le Parti Libéral Démocrate observe avec regret l’absence d’un plan ambitieux apportant une solution durable au problème et s’engage quant à lui en faveur de l’épargne retraite individuelle. L’heure n’est plus à l’idéologie, mais à la sauvegarde du revenu et du niveau de vie des Français.