16 Juin 2010

Réforme des retraites : une rustine pour tenir jusqu'en 2012

Nous attendions un projet ambitieux et rénovateur. Hélas, l’introduction d’un deuxième pilier dans le système de retraite sous la forme de fonds de pension n’est pas prévue. Pas plus que ne l'est la fusion des innombrables régimes de retraite, profonde source d’iniquité et casse-tête pour les multi-pensionnés. Nous n’aurons droit qu’à un bricolage de plus, incapable de stopper l’effondrement annoncé par le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de notre système par répartition.

Nous soutenons les quelques mesures d’équité telles que l’alignement du taux de cotisation du secteur public sur le secteur privé ; mais les régimes les plus scandaleux, ceux des régimes spéciaux, participeront peu à l’effort. Enfin, certains privilèges de la fonction publique ne sont pas écornés, tel le calcul de la pension sur les 6 derniers mois au lieu des 25 meilleures années.

Décaler de deux années l’âge légal de départ à la retraite ne va pas rétablir l’équilibre d’un système intrinsèquement boiteux, d’autant plus que l’espérance de vie continuera à augmenter chaque année. Christine Lagarde avait demandé d’aligner l’âge de départ à la retraite sur nos voisins européens, 65 ans. En ne portant ce seuil qu’à 62 ans, le gouvernement envoie un signal négatif aux Français. Ils comprendront vite qu’on ne cherche qu’à apposer une rustine d’une durée de vie de… deux ans, jusqu’en 2012, et qu’une nouvelle réforme des retraites sera rapidement nécessaire. En cédant ainsi à la pression de nos syndicats ultra-minoritaires, mais si vindicatifs, le gouvernement maintient sa faiblesse face aux chantages, faiblesse que nos opposants savent exploiter.

Concernant la suppression de niches fiscales, le Parti Libéral Démocrate l’approuverait si les moyens dégagés étaient réaffectés à la baisse des impôts des classes moyennes. Mais cette suppression s’accompagne d’une nouvelle augmentation des impôts. En décourageant un peu plus l’épargne et le travail, cette alourdissement de la pression fiscale promet de peser un peu plus sur la croissance, c'est-à-dire sur le premier moteur d’amélioration des comptes sociaux et de financement de la dette publique.

Le Parti Libéral Démocrate rappelle son attachement à la retraite par capitalisation en substitution de tout ou partie de la répartition. Les salariés doivent pouvoir librement choisir la destination de leurs cotisations sociales afin de se constituer une épargne retraite personnelle et transmissible. Nous continuerons à défendre cette mesure de justice sociale, par ailleurs financièrement bien plus rentable que le système de répartition.