09 Juillet 2010

Syndicats dans les TPE : les députés ont refermé la boîte de Pandore

A l’Assemblée nationale, la droite a supprimé, contre l’avis du gouvernement, la création de commissions paritaires territoriales pour les entreprises de moins de 11 salariés. Etrangement, seuls les communistes et les socialistes ont défendu cette proposition du gouvernement. Le Parti Libéral Démocrate se réjouit de cette fronde salutaire. Imposer les syndicats dans les TPE françaises aurait pesé lourd en termes d’emploi et de compétitivité. Le gouvernement devrait plutôt poursuivre sa réforme du syndicalisme français afin qu’il abandonne sa culture des piquets de grève, des destructions de matériels et de confrontation dans la rue, et se mette réellement au service des salariés.

L’homme politique libéral Frédéric Bastiat s’est battu il y a un siècle et demi pour autoriser les syndicats en France. Il souhaitait permettre aux salariés de s’organiser pour mieux défendre leurs intérêts et favoriser un dialogue social équilibré. Hélas, nos syndicats se sont depuis longtemps détourné de cet idéal. Yvon Gattaz a déclaré récemment que « La performance d’une entreprise est inversement proportionnelle à son taux de syndicalisation. » Provocation ou réalité ? Hélas, le taux de syndication des salariés des entreprises privées est désormais inférieur à 5 %, et reste concentré dans les moyennes et grosses entreprises de l’industrie. Ce déclin confirme l’inadaptation du syndicalisme français aux attentes des salariés, demandant un accompagnement de plus en plus individualisé. Hélas, nos syndicats s’enferment depuis trop longtemps dans une culture idéologique et corporatiste.

Pour améliorer le lien qui unit employeurs et salariés, la France a besoin d’un renouveau syndical. Nous prônons l’évolution vers un syndicalisme de service individuel, ouvert et à l’écoute des salariés, plutôt qu’un syndicalisme de lutte collective qui se considère souvent supérieur aux représentants élus. Dans les faits, le dialogue social direct est d’autant plus simple que l’employeur est proche des salariés. Voilà pourquoi il nous apparaît absurde de vouloir rajouter une couche formalisée de représentation dans une entreprise de moins de 11 salariés.

Si le gouvernement veut renforcer le syndicalisme français, le Parti Libéral Démocrate lui recommande de se pencher sur son financement. Au moment où le débat sur le financement des partis politiques fait rage, il serait intéressant de rappeler que 80 % des ressources des syndicats sont d’origine publique et sont gérées dans  la plus grande opacité. L’institut supérieur du travail estime ce financement entre 200 et 700 millions d’euros par an. Comme pour les partis politiques, le Parti Libéral Démocrate aimerait la transparence et l’arrêt des subventions publiques aux syndicats qui doivent avant tout vivre des cotisations et dons de leurs membres. Ce serait le premier pas d’un renouveau syndical, pour que ré-adhérent les salariés dont on défendrait, enfin et seulement, les intérêts