05 Mars 2013

Votation suisse : la fin du copinage entre amis ?

Urne de vote aux couleurs de la Suisse

Le Parti Libéral Démocrate manifeste le plus grand intérêt pour la votation qui a eu lieu en Suisse, visant à limiter les excès de rémunération des mauvais dirigeants d'entreprises. Rendre le pouvoir aux actionnaires, au détriment des conseils d’administration, est une mesure juste, efficace et durable. Hélas, l’écho médiatique fait en France à cette votation laisse présager que seul son volet coercitif, coûteux, et contournable, trouvera grâce auprès du gouvernement en place.

 

Le PLD approuve sans réserve la principale mesure de la votation suisse. Les actionnaires, véritables propriétaires d'une entrepriserécupèrent le droit exclusif de fixer en assemblée générale les rémunérations des dirigeants de sociétés. Ces dernières ne seront donc plus décidées en petits comités d'amis, sans rapport avec les résultats des entreprises.
 
L’interdiction des primes de signature ou de départ (les « parachutes dorés » assez souvent accordés à des dirigeants comme "prime à l'échec"), paraît plus discutable : elle limite la liberté de choix des actionnaires des outils de rémunération. Toutefois, vu l'émotion suscitée par certains excès antérieurs, un tel retour de balancier est compréhensible. Globalement, la nouvelle loi helvétique ne devrait pas empêcher les actionnaires de rémunérer comme il convient les dirigeants qui réussissent, tout en permettant d'éviter que les autres ne tirent d'avantages indus de leur position.
 
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dit "vouloir s'inspirer" de ce vote. L'action gouvernementale récente laisse craindre que seul le côté coercitif sur les moyens de rémunération ne soit retenu, tandis que la restitution nécessaire du pouvoir aux actionnaires serait esquivée. Le parlement accoucherait dans ce cas d'une loi liberticide supplémentaire, sans doute contournable, qui ne traiterait pas le problème très présent en France de l'endogamie des conseils d'administration.
 
Le PLD invite surtout le Premier ministre à s’inspirer de l'expérience suisse dans les autres domaines où celle-ci nous montre la voie: chômage à 3%, assurance maladie privée, budget équilibré, dépense publique à 33% du PIB, et existence d'une véritable démocratie directe.


Au siège du PLD, le 05/03/2013