15 Juillet 2015

L’Europe fait fausse route avec la Grèce

Le Parti Libéral Démocrate dénonce le programme d’aide à la Grèce, ruineux et immoral vis-à-vis des autres pays européens. L’Europe a cru sauver son avenir en conservant à n’importe quel prix la Grèce en son sein. Elle a amorcé une spirale qui pourrait l’emmener à la faillite morale et, peut-être un jour, financière. Le referendum grec a rejeté le programme européen d’aide de 15,5 milliards d’euros, l’Eurogroupe est revenu avec un plan de 82 à 86 milliards. Le pays qui a menti pour entrer dans l’euro, triché pour y rester, et exercé un chantage pour ne pas en sortir a été bien mieux récompensé que tous ceux qui ont suivi les règles. La prise d’otage de la zone euro a payé, c’est le message envoyé aux pays comme l’Irlande ou le Portugal qui font des efforts drastiques pour réformer leur économie et rembourser – parfois de manière anticipée – leurs créanciers honnêtement.

En plus des 240 milliards d’aides cumulées et des 89 milliards prêtés par la BCE aux banques grecques, les 82 à 86 milliards supplémentaires porteront l’aide globale à plus de 400 milliards d’euros que nous sommes assurés de ne jamais récupérer . Le FMI annonce déjà qu’une partie de la dette devra être effacée en plus de l’argent frais, aucun doute que la Grèce obtiendra au fil de l’eau l’effacement complet de ses engagements qui ont servi à financer l’embauche de fonctionnaires, des retraites généreuses et un train de vie à crédit pendant dix ans.

Si la Grèce veut lever des impôts, qu’elle instaure une « flat tax » comme de nombreux pays d’Europe de l’Est dévastés par l’occupation soviétique. Cet impôt proportionnel constitue un impôt simple, populaire et rentable pour les comptes publics. Mais ce n’est pas l’essentiel. L’économie grecque a d’abord besoin d’instaurer un véritable état de droit et de se libérer du poids de sa bureaucratie – qui a pesé jusqu’à 60% du PIB - et de ses excès de réglementations. La croissance a fortement ralenti depuis l’arrivée au pouvoir de la gauche populiste arrimée à l’extrême droite. Ce n’est pas en mettant la bureaucratie grecque sous tutelle de la bureaucratie européenne que nous remettrons la Grèce sur les rails, ni que nous rendrons leur fierté aux Grecs qui ont avant tout besoin de se retrousser les manches pour se mettre au travail.

Nous appelons les parlementaires français à rejeter le plan d’aide inique, à refuser toute aide supplémentaire et à demander le départ temporaire de la Grèce de la zone euro en échange d’un abandon partiel de créance. Dans l'intérêt des Grecs, mais aussi de la cohésion européenne largement entamée par ce plan déjà dénoncé par Alexis Tsipras et l'Allemagne.