12 Octobre 2015

Metz : Christine Singer : « Il faut un profond renouvellement des élus »

Christine Singer (tête de liste PLD pour la région ACAL)

"Je suis une libérale à la fibre sociale. Il ne s’agit pas de tout supprimer, mais de mieux contrôler la dépense publique dans tous les domaines."

Le Grand entretien - Le Républicain Lorrain 12/10/2015

Contrairement au ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, qui déclare « Le libéralisme est de gauche », vous, vous considérez qu’il n’est ni de gauche ni de droite, mais au service des gens. Ça signifie quoi ? Un sociolibéralisme ?

Christine SINGER : « Oui, je suis une libérale. Mais cela ne veut pas dire que je n’ai pas la fibre sociale. Je ne m’estime ni de gauche ni de droite, ça, c’est sûr. Gauche-droite, ça ne veut plus rien dire. Il y a des gens qui ont compris (Macron, Juppé, Le Maire, Fillon…) que, si l’on reste dans le clivage gauche-droite, on ne va pas avancer. L’important, c’est de sortir de l’inertie. En France, le dernier budget en équilibre a été voté en 1975. Et c’était les libéraux. Aujourd’hui, on est à un tournant. On recommence à parler du libéralisme et j’en suis très contente. Cela dit, j’aurais voté la loi Macron si j’avais été élue députée en 2012. Heureusement qu’il y a encore des gens qui ont cette volonté de dégraisser le mammouth et de distiller un petit peu ce qui nous manque depuis quarante ans. »

Certes, mais la situation que vous pointez du doigt, ce n’est pas un peu la faillite du libéralisme justement ?

« Non, c’est le contraire… On est pour que l’État ne prenne en charge que les fonctions régaliennes : justice, éducation, santé, sécurité… Nous, ce qu’on souhaite, c’est responsabiliser les gens et restaurer la liberté d’entreprendre. Le mot libéral , ce n’est pas un mot vulgaire. Ce sont des gens qui ont une très bonne connaissance de la vie d’une entreprise, qui ont l’habitude de gérer un budget. »

Vous n’en dites pas autant du maire de Metz…

« Vous parlez de la taxicomanie de Dominique Gros. Quand je vois ce qu’il vient de se passer à Metz, où l’on a augmenté la taxe d’habitation, la taxe sur l’électricité et, depuis 2008, de près de 25 millions d’euros, les frais de fonctionnement, je suis sidérée. Avec les 12 M€ qu’on vient de recevoir d’UEM, comment peut-on encore augmenter les impôts ? On a demandé un plan d’économies avec Jérémy Aldrin (UMP), on ne l’a toujours pas vu. On n’en peut plus. »

À propos de l’UMP Jérémy Aldrin, que vous est-il arrivé après les élections de 2014 ?

« On est sorti du groupe de Marie-Jo Zimmermann [tête de la liste d’union de droite aux élections municipales de 2014, ndlr] parce qu’on était en désaccord sur son recours. Ensuite, j’ai été suspendue de l’UDI où j’ai été étiquetée pendant un an tout en étant PLD. Marie-Jo Zimmermann a des qualités personnelles, mais on a perdu parce qu’on n’a pas été bon. C’est tout. Avoir perdu Metz en plein tsunami bleu, c’est une faute. Les chefs de file de la droite ne sont plus légitimes pour 2020. Il faut un renouvellement. »

Par vous ?

« On ne pourra pas aller aux élections de 2020 avec les têtes de liste de 2014. Aujourd’hui, je travaille avec Jérémy Aldrin et je regarde vers les élections législatives de 2017. Je pense que l’Assemblée nationale, c’est là que tout se passe, qu’on peut réellement agir. Je serai candidate. »

Vous vous présentez à toutes les élections… Ce n’est pas un peu compulsif ?

« Je suis une personne très engagée. Je suis quelqu’un de déterminé. Je ne lâche rien. Parfois, ce n’est peut-être pas toujours bien vu. Je considère toutefois que, quand on est engagé dans une cause, il faut aller jusqu’au bout. C’est aussi la raison pour laquelle je me présente à des élections. Je sais très bien… J’entends… Elle se présente tout le temps… Mais c’est parce que les idées libérales ne sont portées par personne. Si je me présente à des élections, c’est pour défendre des choses qui me tiennent à cœur. »

Et qu’est-ce qui vous tient réellement à cœur ?

« Mon engagement, si je dois résumer les choses, c’est la baisse de la dépense publique. Très clairement, on est complètement drogué à la dépense publique. On a besoin de rapidement se désintoxiquer de tout ça, que ce soit au niveau de Metz ou de la Région. On a une baisse globale des dotations aux collectivités locales qui va nous amener à devoir faire des choix. Or, on a des élus complètement déconnectés. Certains n’ont toujours pas compris que l’économie a changé, qu’on vient de connaître un bouleversement avec l’économie collaborative. Il faut vraiment que les élus des collectivités changent de logiciel. Les appareils politiques ne sont plus, aujourd’hui, en capacité de pouvoir le faire. »

Vous êtes candidate aux élections régionales. Vous parlez de réduction des dépenses, la réforme territoriale n’est pas un moyen d’y arriver ?

« Avec les libéraux, on est pour le regroupement des communes. Les départements doivent disparaître. Concernant la loi NOTRe, la réforme territoriale, même si elle est peut-être partie d’un bon sentiment, elle a été bâclée. Elle est très loin de la loi Defferre. Elle ne va pas rester dans les annales parce qu’elle n’est pas jusqu’au-boutiste. Au départ, l’idée était de faire des économies (c’est un mot que j’aime beaucoup), mais je ne sais pas comment on va les faire. On aura toujours un mastodonte, une bureaucratie phénoménale. »

Donc, quel rôle doivent jouer les collectivités sur votre échiquier ?

« Est-ce à une collectivité publique de donner de l’argent aux entreprises ? On voit ce qu’a donné Skylander. Ça, c’est un vrai scandale politico-financier. Les entrepreneurs, et je suis bien placée pour le dire, nous, on n’a pas besoin d’argent ou de subvention. Les entreprises ont juste besoin d’avoir un cadre fiscal et réglementaire stable. Politiquement, il nous manque une véritable feuille de route qui permette de dire, et au citoyen, et aux entrepreneurs, voilà où on veut vous mener. Ce discours, il faut le tenir aux chefs d’entreprise parce qu’aujourd’hui, certains s’en vont. Il faut faire en sorte que cette hémorragie soit contenue. »