03 Décembre 2015

Ile-de-France : programme Aux Urnes Citoyens

« Aux Urnes Citoyens » fédère plusieurs mouvements qui aspirent à faire de la politique autrement, loin du modèle des vieux partis, de leurs clans et de leur ordre pyramidal. Dans les entreprises comme en politique, nous sommes entrés dans une ère d’organisations horizontales et collaboratives autour d’un projet défini collectivement. Nous n’envisageons pas la politique comme un combat entre la droite et la gauche mais projet contre projet.

Entre Génération Citoyens, Une Ile-de-France juste envers tous et le Parti Libéral Démocrate, nous avons nos différences : elles sont aussi une force.  Nous nous retrouvons sur l’essentiel et partageons la même vision de la société civile investissant la vie publique. Nous nous sommes réunis dans cet esprit pour les élections régionales, première étape d’une vague citoyenne que nous souhaitons faire grandir dans les prochaines années. « Aux Urnes Citoyens » souhaite redonner à chacun l’envie de voter et offrir aux électeurs en colère une alternative qui leur ressemble.

 

REPRENONS LA MAIN SUR NOTRE REGION

Les 6 et 13 décembre, les citoyens signeront un chèque en blanc pour 6 ans au conseil régional qu’ils éliront. Systématiquement trompés par des professionnels de la politique qui, une fois élus, n’en font qu’à leur tête, les citoyens sont de plus en plus nombreux à rejeter nos rouages démocratiques de plus en plus grippés. Le premier parti de France est l’abstention, suivi de près par le discours  contestataire mais sans solution. Les élus des partis dominants verrouillent leur position face à la montée des mécontentements. Au point de ne représenter qu’une minorité de plus en plus faible des électeurs. Cette spirale de la défiance n’est pas tenable ; il est temps de faire évoluer notre démocratie malade si nous ne voulons pas la voir sombrer.

Nous proposons de faire valider systématiquement les grands projets structurants de la région par les citoyens, en instaurant un mécanisme de Référendum d’Initiative Régionale, comparable à la votation suisse. Le Conseil régional pourra – et devra – solliciter l’avis des électeurs à intervalles réguliers, après un temps suffisant laissé au débat, et les Franciliens pourront de même exiger ce type de vote s’ils s’estiment ignorés. Ce processus doit être ascendant aussi bien que descendant. Un vote référendaire annuel sera de même indispensable à toute hausse des impôts locaux ou toute dette nouvelle augmentant le fardeau des générations futures. Nous estimons que ce levier démocratique est seul capable de pallier l’affaiblissement de notre démocratie représentative et de transcender le clivage stérile gauche-droite.

Un groupe de citoyens s’opposant aux « grands projets » du Conseil régional, souvent peu utiles mais très coûteux pourra également imposer la tenue d’un référendum. Notre ambition est de réduire à terme la pression fiscale de la région en limitant les dépenses somptuaires et excessivement coûteuses.

La France n’a connu que 14 référendums au cours de son histoire. Ce mécanisme n’est pas ancré dans la culture de nos élus, qui font moyennement confiance aux électeurs pour trancher les grands sujets qui, pourtant, les concernent au premier chef. Nous estimons au contraire les Français parfaitement matures pour être sollicités régulièrement par ce biais. C’est même pour nous la seule voie capable de rendre ses lettres de noblesse à la politique, qui perdra ainsi en arrogance vis-à-vis des citoyens. En instaurant la démocratie en continu, ces derniers disposeront enfin d’un véritable droit d’orientation ou de veto sur les décisions des élus.

 

REMETTONS DE L’ETHIQUE EN POLITIQUE

Le Conseil régional comptera 209 élus alors qu’en comparaison, le Grand Londres ne compte que 24 élus. Le mille-feuille territorial d’Île-de-France devient plus indigeste que jamais avec ses 1281 communes, 113 intercommunalités, 8 départements auxquels viennent s’ajouter la Métropole du Grand Paris et la Société du Grand Paris. Aussi, nous ne souhaitons pas ajouter mais substituer la Métropole du Grand Paris à d’autres collectivités. Nous plaiderons également pour la réduction à 100 élus au Conseil dans un premier temps, même si ce n’est pas du ressort du Conseil lui-même d’établir le nombre de ses élus. La Société du Grand Paris – qui comptera 200 élus qui, bien que n’ayant aucun pouvoir de décision, cumuleront agréablement ses nouvelles et généreuses indemnités avec leurs revenus actuels –, instrument aux mains de l’Etat central créé pour imposer un nouveau plan ruineux et obsolète, doit repasser aux mains du Conseil régional, mieux à même de protéger les intérêts des habitants.

Nous exigerons aussi la fin du cumul des mandats et des fonctions institutionnelles des élus. Nous estimons qu’un élu régional devrait être limité à un seul renouvellement de son mandat afin d’éviter l’émergence de mauvaises – et confortables – habitudes. Enfin, nous attendons une réelle transparence dans les comptes de la région qui devraient être publiés dans le détail : pour chaque dépense, nous attendons une justification claire et une évaluation suivie.

 

REVOLUTIONNONS LES TRANSPORTS

Chaque jour, 8,5 millions de passagers empruntent les transports en commun où ils passent en moyenne 1h20. Le trafic ferroviaire a augmenté de 21% en 10 ans, exigeant de lourds travaux d’investissement et de modernisation. En 2011, la région Île-de-France, l’État, les départements et le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) ont convenu d’un Plan de mobilisation historique de plus 12 milliards d’euros comprenant notamment le prolongement du RER E à l’ouest, des prolongements de ligne de métro, la création de bus à haut niveau de service et de tramways, la modernisation des RER, l’amélioration du Transilien... Ces mesures étaient nécessaires. En revanche, les projets pharaoniques de nouvelles lignes de métro du Grand Paris nous apparaissent inutilement ruineux. L’avenir n’est plus aux architectures lourdes, rigides et ruineuses mais aux transports agiles et adaptés à la multitude de besoins des gens.

La question des transports pose celle des horaires et des conditions de travail dans les entreprises franciliennes, ainsi que de la politique de logement qui ne relèvent aucunement de la région. Horaires décalés et télétravail offrent un moyen simple et peu coûteux de soulager le transit aux heures de pointe. Le jour où les rigidités sur le marché du logement dues au logement social – taux de rotation extrêmement faible – et aux tensions sur le marché locatif privé - entretenues par la pénurie de logements qu’alimente en particulier la loi SRU - diminueront au profit d’une plus grande fluidité, il sera plus aisé pour les actifs de déménager afin de se rapprocher de leur lieu de travail. En attendant, la région peut révolutionner le marché des transports en l’ouvrant à la concurrence. C’est notre ambition.

Nous sommes opposés aux 30 milliards d’euros d’investissements (estimation qui devrait comme habituellement connaître de lourds dépassements) du Grand Paris dans 4 nouvelles lignes dont personne n’a évalué le coût annuel de fonctionnement et de maintenance, qui viendra s’ajouter au budget du Stif. Ces lignes en dur appartiendront rapidement au passé avec la révolution en cours des transports : émergence rapide des véhicules propres (électriques ou à hydrogène), sans conducteur, partagés. Ces transports agiles doivent figurer au cœur de toute stratégie pour les déplacements futurs qui requièrent souplesse et adaptabilité. Le levier de réussite de cet axe repose donc sur un recours maximal au secteur privé. Nous proposons d’étendre l’ouverture à la concurrence, actuellement limitée aux distances supérieures à 100 kilomètres, aux transports collectifs de toutes tailles (bus, navettes, Jitneys), et à l’autopartage toutes distances. Nous devons par conséquent repenser nos infrastructures routières afin de fluidifier le trafic à venir de ces flottes de véhicules individuels et collectifs, en particulier sur les axes circulaires de moyenne et de grande couronne.

Avec le développement d’un vrai marché des transports, les citoyens passeront du statut de passager captif d’un monopole délabré et peu fiable à celui de client écouté et correctement traité. Notons que la RATP et la SNCF savent être performantes lorsqu’elles répondent aux appels d’offre dans les pays qui, nombreux, ont ouvert leurs transports collectifs à la concurrence depuis longtemps. Parions qu’elles sauront également devenir efficaces dans un contexte concurrentiel en Île-de-France, à la plus grande satisfaction des « usagers » actuels.

 

VISONS LE PLEIN EMPLOI

Nous voulons faire de l’Île-de-France la région la plus prospère d’Europe en 6 ans. Nous voulons devenir les champions de la croissance en faisant émerger sur notre territoire les entreprises qui donneront à la région les emplois dont elle a besoin en les répartissant sur le territoire de façon plus équilibrée et intelligente. Dans cette optique, la présence de nombreux entrepreneurs sur nos listes garantit cet attachement à la croissance.

L’Île-de-France est actuellement 8ème en termes de PIB/habitant selon le rapport d’Eurostat, derrière la région de Bratislava. Pour progresser, nous dynamiserons la création d’emplois en mobilisant les deux leviers offerts à la région que sont la formation et l’innovation. En effet, la lutte contre le chômage passe prioritairement par la formation, initiale et tout au long de la vie. D’ailleurs, nous ne comprenons pas pourquoi la loi NOTRe distingue toujours le collège du lycée, l’un relevant du département et l’autre de la région.

Plus de 100.000 postes ne sont pas pourvus en Île-de-France faute de personnel qualifié. Les entreprises doivent être au cœur de toute politique d’enseignement et de formation continue. Nous donnerons par conséquent la priorité aux établissements techniques, professionnels et aux organismes de formation continue soutenus de plus en plus par les entreprises, qui connaissent le mieux les compétences recherchées sur le marché du travail.

 1er levier, la formation

Nous envisageons d’attribuer l’usage des lycées actuels – lorsqu’ils sont inoccupés (presqu’un jour sur deux compte tenu de l’importance des congés scolaires) – à d’autres acteurs de la formation, par exemple aux cours de rattrapage pour élèves en difficulté assurés par des professeurs ou des associations volontaires. La responsabilité de cette optimisation de l’utilisation des lycées relèvera des chefs d’établissement auxquels nous souhaitons confier le maximum d’autonomie. Ils seront également directement impliqués dans les chantiers concernant leur établissement (rénovations, investissements) pour accélérer leur calendrier et assurer le suivi de leur réalisation (évitant les retards inacceptables de la bureaucratie centralisée actuelle de la région).

La création de nouveaux établissements – enseignement secondaire, technologique ou professionnel, diplômant ou libre comme l’Ecole 42 – fait également partie de nos priorités, qu’ils soient publics ou privés si nous avons des partenaires motivés et co-financeurs. Nous dégagerons de nouvelles ressources par des coupes budgétaires dans d’autres secteurs moins prioritaires (subventions aux associations, dépenses de fonctionnement, investissements à faible utilité… L’Ifrap évalue à 30% les économies possibles dans le budget des régions sans bouleverser leurs axes prioritaires).

2ème levier, l’innovation

Les emplois de demain dépendent de l’innovation actuelle. Tous les ingrédients du succès sont présents, la recette prend mal. Un certain nombre de causes – code du travail, charges sociales,… – ne relèvent pas de la région, mais celle-ci dispose pourtant d’un levier essentiel pour parvenir à des résultats : la fertilisation croisée de talents et de compétences complémentaires qui ne sont actuellement pas en contact.

Ses atouts sont nombreux : l’Île-de-France se classe au 5ème rang mondial pour les dépenses Recherche et Développement qui représentent 3,1% du PIB, avec 40% des chercheurs français - plus de 137.000 - dans la recherche publique et privée. Elle regroupe les meilleures écoles d’ingénieur au monde, des secteurs industriels de pointe dans le secteur des technologies de la santé, la pharmacie, la chimie, l’aéronautique, l’électronique, l’automobile... Le secteur des services dispose aussi de ses pôles d’excellence, urbanisme, numérique, finance, industrie audio-visuelle entre autres, avec plus de 365.000 personnes employées dans les industries de la création.

Nous estimons que le Conseil régional ne doit pas subventionner les entreprises, mais seulement favoriser l’émergence de réels pôles de compétitivité en rassemblant autour d’une même table chercheurs, ingénieurs, entreprises (des startups aux grands groupes) et investisseurs afin de former un terreau fertile pour nos talents innovants, souvent à la peine pour trouver des capitaux, un modèle économique performant et des débouchés industriels. Appliquons le principe du mélange des compétences propres aux incubateurs de startups à une échelle bien plus vaste. Des zones ont déjà été identifiées : la Cité Descartes à Marnes-la-Vallée pour l’urbanisme durable et la ville du futur, le plateau scientifique de Saclay, la vallée de la Bièvre jusqu’à Evry pour les technologies de la santé… Elles n’ont pas besoin de subventions mais juste d’un intercesseur qui fasse tomber les actuelles cloisons culturelles et statutaires et qui, une fois que l’imbrication intelligente aura débuté, facilitera l’arrivée et l’installation de nouveaux acteurs.