04 Janvier 2010

Hausse des prix agricoles, l'occasion de revenir sur la PAC

 La hausse du prix alimentaires dans le monde offre une belle opportunité de revenir sur les fondements de notre Politique Agricole Commune. Pendant des décennies, les pays en voie de développement ont vu les produits européens subventionnés concurrencer leur propre production agricole chez eux, pendant que l'Europe limitait l'accès à son marché dans l'autre sens. Ce processus pervers est également dû au protectionnisme américain. Dans le même temps, les Français ont payé doublement le prix de cette Politique Agricole Commune : en tant que contribuables, ils ont participé chaque année au budget européen de 55 Milliards d'euros consacré à notre agriculture; en tant que consommateurs, ils ont payé chèrement leur alimentation à cause de cette absence de concurrence. Cette situation est de moins en moins tenable.

Si l'élévation récente du niveau de vie d'un grand nombre de pays en voie de développement constitue une évolution encourageante, elle engendre des tensions avec l'augmentation de leurs besoins alimentaires, tensions amplifiées par la traditon protectionnisme occidentale. En Europe, notre gouvernement sait qu'il est le dernier à défendre ce protectionnisme agricole archaïque. L'alibi de "l'autosuffisance alimentaire" ne tient plus depuis longtemps dans un monde ouvert, quoi qu'en dise Michel Barnier, Ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Les progrès technologiques de l'agriculture permettent de satisfaire les besoins des pays occidentaux...mais aussi du reste du monde.

Bridés par notre protectionnisme, les agriculteurs des pays pauvres n'ont pu investir pour réaliser des gains de productivité, entrainant une stagnation de leur production et de leur niveau de vie. Aujourd'hui plus qu'auparavant, le coût économique de cette politique protectionniste devient aussi insupportable pour eux que pour les Français. La création de richesse de ces pays passe par l'instauration de règles justes das les échanges de produits agricoles dans le monde. Innonder leur marché avec nos produits européens et leur fermer la porte comme nous le faisons encore devient criminel.

En réponse aux tensions actuelles, l'Europe a l'occasion d'envoyer un message fort au reste du monde : la suppression de nos barrières protectionnistes pour favoriser l'enrichissement et le développement des économies agricoles.