15 Janvier 2010

Les réformes oubliées pour l’égalité des chances

Yazid Sabeg a lancé un manifeste pour « les oubliés de l’égalité des chances ». Cette excellente initiative vise des problèmes bien réels. Les descendants de l’immigration subissent un concentré des problèmes rencontrés par le reste du pays. Néanmoins, ses propositions ne sont pas innovantes et ont déjà prouvé leur inefficacité. Les solutions envisagées doivent traiter le mal, pas les symptômes. L’égalité des chances ne se décrète pas, pas plus qu’elle ne s’impose par des mesures arbitraires. Au Parti Libéral Démocrate, nous proposons de commencer par désenclaver les cités en libéralisant les transports en commun. Nous recommandons ensuite de réformer en profond eur les deux piliers de la promotion sociale que sont l’école et l’entreprise. C’est là que la spirale de l’échec peut être vaincue.

Le transport est essentiel en banlieue, tant pour accéder aux écoles que pour travailler et vivre. Depuis des années, la politique du logement a mené au cloisonnement des banlieues. Une mesure simple pourrait déjà atténuer cet effet et simplifier la vie des banlieusards. En abrogeant le monopole des transports en commun, de multiples initiatives privées irrigueraient rapidement le tissu périurbain en fonction des besoins et avec une grande réactivité. Taxis collectifs, minibus, express et autres formules viendraient ainsi librement enrichir l’offre des municipalités et des régions.

Le collège unique ne répond plus aux difficultés rencontrées dans les cités. Plutôt que de prendre des décisions du haut vers le bas, souvent inadaptées, laissons émerger différents modèles scolaires, autonomes et mieux adaptés à la diversité des profils des enfants des zones défavorisées. Le chèque scolaire répond à cette préoccupation. Il favorise la création de petits établissements que les familles pourront choisir librement en fonction de leur projet éducatif et de leurs résultats. Au-delà de la liberté pédagogique, cette autonomie ouvrirait la possibilité de partenariats avec des établissements d’enseignement supérieur, des entreprises et des fondations pour valoriser au mieux les talents spécifiques des enfants. C’est par le succès scolaire que l’ascenseur social sera remis en état de marche pour tous.

Enfin, c’est la flexibilité du marché du travail, la baisse du coût de la masse salariale (ce qui ne signifie pas une baisse des salaires) et la simplification de la vie des entreprises qui relancera l’emploi et la mobilité sociale par l’entreprise. Ces trois axes sont particulièrement importants en période de crise, lorsque les difficultés sont accrues. Plutôt que l’illusion trompeuse des emplois aidés, coûteux et peu utiles, facilitons la création de vrais emplois. De l’emploi qui permet de remettre le pied à l’étrier au poste qui ouvre ou relance une carrière.

Certes, les mesures structurelles sont plus complexes à promouvoir que les habituels appels à « plus d’intervention et plus d’argent publics ». Mais alors qu’elles n'ont jamais été évoquées et encore moins tentées en France, leur audace n’est-elle pas rendue plus nécessaire par l’ampleur de la crise que nous traversons ? Il en va de notre bien à tous, et particulièrement celui des exclus de notre système.