03 Janvier 2010

Emmanuel Galante, cafetier entré en résistance

Après une grève de la faim à Châlons-en-Champagne en protestation contre une loi liberticide, Emmanuel Gallante a adhéré au Parti Libéral Démocrate. Sa lutte concerne un vaste secteur d'activité aujourd'hui menacé par des textes de plus en plus intrusifs et restrictifs. En effet, le gouvernement a choisi d’appliquer dans son intégralité, osons dire dans son intégrisme, la loi d’interdiction totale du tabac dans les lieux publics, même lorsqu'il s'agit de propriétés privées.

 
L’interdiction concerne donc les cafés-tabacs au premier plan, ce qui est en soi le comble de l’absurde : on y vend de la nicotine fortement taxée, mais sans avoir le droit de la consommer sur place. Mieux vaut aller chez soi enfumer sa famille. Ce bannissement des fumeurs s'étend même aux casinos. Ceux-ci, lorsqu’ils sont frontaliers, se voient concurrencés par des casinos étrangers dont ils font le bonheur. Compte tenu des lourdes taxes que ces établissements paient sur leurs recettes, le gouvernement travaille cette fois contre lui-même. On peut aussi se demander, lorsqu’on voit des groupes de fumeurs à l’air malheureux en train de tirer sur leur mégot au fond d’un parking couvert de supermarché, seul endroit où l’on ait installé des cendriers, ou devant la porte de leur entreprise, en plein vent, voire sous la neige, si le législateur a vraiment songé à la santé du fumeur… Echapper à un incertain cancer du poumon justifie-t-il le risque d’une pneumonie ou d’une intoxication au CO2 ?

Comme trop d’impôt finit par tuer l’impôt, l'excès de lois finit par tuer la loi. Devant l'effondrement de la fréquentation de leur établissement, souvent l'espace principal de vie sociale dans nombre de villages, des cafetiers contournent la règle à leurs risques et périls. Ils font ainsi face à l’implacable justice, surtout implacable lorsqu'il s’agit de harceler le simple citoyen-contribuable. Partout en France s’organise la fronde, on pourrait même parler de résistance à l’oppression, celle-ci étant d’ailleurs encouragée par la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, adossée, rappelons-le, à notre Constitution.

Les cafés-tabacs de nos villages sont souvent le lieu convivial où l’on aime à se retrouver. Ces cafés, avec l’interdiction de fumer, ont souvent perdu jusqu’à 30% de leur chiffre d’affaires. A-t-on voulu protéger les éventuels employés des vapeurs nocives du tabac, cela partait d’une bonne intention, mais la seule chose dont ils sont surtout protégés, c’est du travail lui même, car on les condamne au chômage. Quant aux petits bistrots de village tenus par le patron, 30% de chiffre d’affaires en moins, c’est carrément la clé sous la porte et la mort du village.

C’est pourquoi, soucieux de préserver en France le tissus économique et social et les libertés individuelles, le Parti Libéral Démocrate a décidé de rentrer dans ce combat pour l’aménagement du décret d’application de la loi auprès d’Emmanuel Galante, cafetier à Châlons en Champagne, qui a  eu le courage de se battre à découvert contre l’absurdité et a été jusqu’à entamer une grève de la faim, terminée le 17 janvier dernier (voir le dossier de l’association « restons libres » sur le sitehttp://www.noslibertes.org/). A défaut de la suppression pure et simple de cette loi, qui n’est qu’un renforcement de la loi Evin, les libéraux souhaitent vivement que l’état revoie sa copie et accepte de laisser aux buralistes, aux cafetiers, aux restaurateurs et aux casinos, le choix d’être « fumeur » ou « non fumeur », voire, s’ils le peuvent, de proposer une véritable zone fumeur, suffisamment isolée pour ne pas déranger les consommateurs hostiles au tabac.