10 Janvier 2010

Plan d'aide au secteur automobile : attention au risque d’ingérence politique et au protectionnisme

Le plan de d’aide au secteur automobile reporte probablement les difficultés de trésorerie de nos deux constructeurs nationaux. Cette ingérence croissante du gouvernement dans la vie des entreprises leur impose des priorités politiques plutôt qu’économiques, et confirme sa dérive protectionniste. Le Parti Libéral Démocrate dénonce le danger que ce plan fait peser sur l’avenir de Peugeot et de Renault, sur la construction européenne et sur la croissance économique de notre pays.

Le marché automobile souffre d’un vrai changement structurel, amplifié et accéléré par la crise. Dans cette tempête, quel homme politique, quel haut fonctionnaire peut prétendre mieux savoir manier la barre des vastes restructurations que les capitaines d’industrie eux-mêmes ? Pris à la gorge par des besoins de trésorerie que les prêteurs non bancaires ne veulent plus satisfaire comme avant, nos constructeurs sont obligés d’accepter la main tendue du gouvernement. Mais les choix qu’il leur impose menace de transformer cette crise de liquidité en crise de solvabilité en interdisant l’évolution nécessaire de leur modèle économique. Les dégâts seraient alors bien plus graves pour notre pays, tant pour l’emploi que pour les finances publiques qui ne reverraient pas leur argent englouti dans le désastre industriel.
La tentation protectionniste menace non seulement la qualité de vie des Français et la pérennité de nos entreprises, mais elle élargit les fractures au sein de la communauté européenne comme le montrent les réactions du Royaume-Uni et de la République Tchèque. C’est d’abord le marché unique qui a assuré la prospérité de l’Europe, avant de permettre une construction plus politique et stratégique. Nous assistons à une régression de ce beau projet qui pourrait donner un coup de frein aux échanges intra européens. La première victime d’un tel repli nationaliste serait notre qualité de vie et l’emploi.
Si de nouvelles barrières protectionnistes devaient apparaître en Europe, nos entreprises disposant d’un réel savoir-faire verraient leurs marchés se réduire à l’exportation. Celles qui ont besoin d’acquérir des compétences et des technologies étrangères pour leur propre développement seraient obligées de les payer plus cher, voire de s’en passer au détriment du consommateur final. Ce dernier se verrait restreint dans ses choix, contraint de payer un prix plus élevé pour des produits de moindre qualité. Est-ce vraiment ce que le gouvernement souhaite pour les Français ?
En accordant sa signature aux constructeurs, le gouvernement sauve deux groupes industriels sains et empoche des intérêts rentables pour le contribuable. Mais le Parti Libéral Démocrate demande qu’on laisse ces deux groupes se restructurer librement pour affronter les changements radicaux de leur marché, et qu’aucune mesure protectionniste ne vienne affaiblir une Europe déjà fragilisée par le repli nationaliste.