09 Janvier 2010

Quelle assurance santé ?

L'augmentation du forfait hospitalier constitue un bricolage comptable inadapté à l’enjeu de l’explosion des comptes de l’assurance maladie. Financée par prélèvement sur les salaires et donc sur le travail, la sécu pèse aujourd’hui sur l’emploi. En outre, elle ne pourra survivre au départ des baby-boomers et elle est donc déjà condamnée à moyen terme.

C'est pourquoi nous proposons un mode de financement de la sécu plus juste et plus pérenne, fondé sur 3 grands principes : instauration d’un panier de soins universel, financé par une prime d’assurance individuelle complétée, si nécessaire, par l’assistance de l’Etat. Leur mise en œuvre pourrait déboucher sur une ouverture encadrée de notre sécu à la concurrence des mutuelles et des assurances.

Premièrement, la sécu doit couvrir le traitement des cancers, pas des rhumes. Nous proposons donc que la couverture universelle garantie ne concerne que les soins essentiels, lourds et aigus. Ces soins constituent entre 50 et 65 % des dépenses de la sécu, selon les estimations et le périmètre retenu. Pour la part restante, libre à chacun de s’assurer auprès de mutuelles et assurances privées pour les soins plus légers.

Ensuite, distinguons l’assurance de l’assistance. Il est légitime que chaque ménage finance sa couverture santé par une prime d’assurance annuelle et forfaitaire, et non plus par des charges sociales qui pèsent sur l’emploi et déresponsabilisent les assurés. Actuellement, les prélèvements sociaux pour l’assurance maladie pèsent environ 25 % du salaire net. Cela pèse dramatiquement sur l’emploi et ne suffit plus à financer une sécu en déséquilibre démographique grandissant. Les principaux consommateurs de soins sont des retraités qui gagnent en moyenne mieux leur vie que les actifs.

Enfin, pour compléter cette assurance, nous proposons qu’une assistance financée par l’Etat et donc l'impôt garantisse aux plus démunis le bénéfice de cette couverture universelle. La solidarité, lorsqu’elle est nécessaire, ne doit pas peser sur le travail et l’emploi mais sur les comptes de l’Etat.

Ces trois propositions sont les seules à même d’éviter la faillite de notre couverture santé universelle et de responsabiliser chaque assuré. A terme, l’assurance maladie pourra ainsi s'ouvrir à des concurrents privés. Cette émulation nouvelle pourrait démarrer de manière expérimentale en laissant ceux qui le souhaitent s’adresser à de nouveaux prestataires, qui s’engageraient à offrir au moins la même couverture que la sécu.