25 Mars 2010

Réformons le financement des partis

Avec moins de 49 % de suffrages exprimés, le second tour des élections régionales a confirmé la désillusion des électeurs. Les conseils régionaux sont perçus comme une vague strate technocratique, dont le rôle et les sources de financement sont globalement méconnus. Ce n’est que par défaut que la gauche a gagné ces élections : la défiance envers le gouvernement aidant, le bilan médiocre des sortants n’a simplement pas suffi à les déboulonner de leurs sièges.

Cette élection a d’une part été utilisée pour adresser un vote-sanction à l’UMP et consorts. Par rapport au second tour de l’élection présidentielle de 2007, la gauche n’a perdu que 5,5 millions de voix, contre 11,5 millions pour la droite. La stratégie du parti unique, lui-même sous la coupe réglée d'un chef unique, est un échec gigantesque. La sanction est massive, car les électeurs potentiels n’ont pu se replier vers des partis mitoyens. Un grand nombre d’électeurs de centre-droit et de libéraux, jusqu’ici réserves de voix pour les candidats de droite, ont fait le choix de ne pas soutenir un parti dont les méthodes et la ligne trahissent leurs valeurs.

D’autre part, les Français ont jugé la différence entre programmes électoraux trop peu perceptible pour se donner la peine de voter. De plus en plus éloignés des électeurs, les grands partis ont présenté des candidats issus du sérail, cumulant les mandats. Le récent sondage réalisé par CSA Opinion pour Le Parisien confirmerait cette analyse puisque 21 % des abstentionnistes interrogés déclarent ne pas s’intéresser à la politique et 34 % d’entre eux considèrent que le résultat des élections ne changera pas grand-chose à leur vie quotidienne. En l’absence d’autonomie fiscale réelle des régions, il est difficile de sensibiliser les électeurs autour du coût et de l’efficience de leurs dépenses.

L’autre cause de l’éloignement entre partis et électeurs est le financement public des partis : une double peine pour les citoyens-contribuables ! Censé mettre fin à la corruption, ce système leur fait subir à la fois une corruption endémique (et toujours peu sanctionnée) et la charge du grand train de vie des principaux partis. L’UMP bénéficie annuellement de 32 millions d’euros de versement de l’État, le PS de 19 millions ; ces versements en font des machines électorales semi-publiques, très hiérarchisées et destinées à assurer des carrières à des cadres obéissants. De plus, leurs candidats sont assurés du remboursement de leurs frais de campagne, ce qui les fonctionnarise et renforce le verrouillage de la vie politique. Pour illustrer cette dérive, le scrutin des régionales de 2010 a coûté près de 140 millions d'euros aux contribuables selon Contribuables Associés. Ces primes au sortant faussent la concurrence politique et compliquent considérablement l’émergence des candidats indépendants. Pour libérer la vie politique et réduire le déficit public, nous en demandons la remise en cause.