05 Novembre 2010

Arrêtons de matraquer les petits cafetiers : aménageons le décret anti-tabac

La lutte aveugle contre le tabagisme prend des allures de chasse aux sorcières. Le Parti libéral démocrate soutient Emmanuel Galante qui a entamé une grève de la faim devant l’assemblée nationale mardi 20 octobre. Son bar « Le Club » à Châlons-en-Champagne a été poussé à la faillite par le décret anti-tabac, comme tant d’autres en France. Chaque fois, nous n’assistons pas seulement à une faillite personnelle mais aussi à la mort d’un espace de vie sociale. Avec Emmanuel Galante, nous demandons l’aménagement d’une loi poussée à son extrême sans débat public et sans vote du parlement. L’interdiction totale et aveugle nie la liberté de chacun, déresponsabilise les individus et aboutit à une société de défiance.

Pour des raisons de santé publique, la loi Evin a imposé l'interdiction de fumer « dans les lieux affectés à un usage collectif, notamment scolaire, et dans les moyens de transport collectif » en 1991. Son application a été renforcée par décret le 1er janvier 2008. Il est depuis lors interdit de fumer dans tous les lieux publics. Cette application sans nuance ignore les réalités du terrain et conduit à la faillite de nombreux petits établissements, souvent sans employés, mais qui représentent près de 90.000 entreprises en France de moins de 10 salariés (dont 13.000 établissements sans salarié). Dans des communes rurales, ils constituent souvent d’indispensables lieux créateurs de lien social.

Une étude à l’initiative du ministère de la Santé a montré l’incidence du décret sur la fréquentation des restaurants et tabacs. Il révèle que 33 % des fumeurs réguliers déclaraient fréquenter moins les restaurants suite à l’interdiction, et 45 % pour les bars. Les conséquences ont été terribles pour ces établissements. Ils ont vu le nombre de faillite augmenter de 27 % pour atteindre le nombre de 3.000 au premier trimestre 2008, et près de 10.000 pour l’ensemble de l’année.

Alors qu’une augmentation du prix du tabac semble certaine, et va encore mettre à mal les petits établissements, le Parti Libéral Démocrate souhaite faire entendre la voix des petits patrons buralistes et bistrotiers matraqués par une chasse au tabac sans cesse renforcée. Nous demandons un assouplissement du décret pour rendre aux cafetiers de petits établissements sans salariés le libre choix d’être fumeurs ou non-fumeurs.

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