23 Juin 2010

Baisser la dépense publique entraine la prospérité

Après des années de laxisme budgétaire de Gordon Brown et des travaillistes, le premier plan de rigueur britannique traduit la volonté des Libéraux Démocrates et des Tories de redresser la situation des finances publiques outre-manche. Trois quarts du plan repose sur une diminution budgétaire, et moins d’un quart sur une hausse de la pression fiscale, qui sera hélas nocive pour la croissance britannique. Parmi les mesures fortes annoncées, le budget des ministères non prioritaires diminuera de 25 %, l’impôt sur les sociétés baissera de 28 à 24 % alors que la TVA montera de 17,5 à 20 %. La France ferait bien de s’inspirer des mesures de baisse des dépenses et de relance de l’économie pour aller plus loin que les mesures timorées annoncées par l’Élysée.

Rappelons que le précédent gouvernement travailliste a fait grossir rapidement les effectifs de l’État, ainsi que ses dépenses de fonctionnement. La dette a dérapé de 42 % à 68 % du PIB entre 2006 et 2009. Ses plans de relance massifs n’ont fait que prolonger la récession au Royaume-Uni. Pour inverser la tendance et libérer la croissance, les mesures prises sont courageuses. Certes, certaines d’entre elles apparaissent électoralistes plutôt qu’économiquement efficaces Mais comme en Allemagne, le Royaume-Uni a pris le taureau par les cornes.

« A moins que nous nous en occupions de manière déterminée, j'ai bien peur que notre pays coure à sa ruine », a déclaré le chancelier de l'Échiquier, George Osborne, dimanche dernier. En effet, sans cet effort pour maîtriser le déficit public (de 11,4% du PIB en 2009), le Trésor public perdra rapidement la confiance des investisseurs, ce qui fera monter le coût de ses emprunts et ne laissera plus que le défaut partiel ou l’inflation comme solution.

La priorité devrait être de réduire l’imposition de l’investissement, moteur de la croissance. Par la courageuse baisse de l’impôt sur les sociétés, le gouvernement britannique va rassurer les investisseurs sur les perspectives de croissance de son pays, bien plus sûrement que les plans de relance et la création de fonds souverains étatiques dont l’impact sur la croissance est, au mieux, nul. Le 11 juin, le Japon a également annoncé une réduction du taux de son impôt sur les sociétés de 5 points. Nous proposons que la France ramène son taux d’impôt sur les sociétés, actuellement l’un des plus élevés au monde à 33%, aux alentours de 25 %, la moyenne de l’OCDE.

À l’instar de tous ses voisins, il est donc plus que le temps que le gouvernement français adopte un réel programme de maîtrise des dépenses publiques, plutôt que de s’en tenir à de vagues annonces sans lendemain. Pour le moment, le Président pratique la politique du rafistolage pour que l’édifice tienne jusqu’en 2012, « après moi le déluge ». Son pari est risqué concernant sa réélection. En revanche, pour les Français, ce type de pari est à coup sûr catastrophique : il n’est pas exclu qu’un jour, la France ne parvienne plus à placer ses bons du Trésor dans ces conditions.