19 Mai 2010

Appel à mobilisation pour sauver l'euro

Devant le Bundestag, Angela Merkel a déclaré l’Union Européenne en danger. En violant les principaux traités européens de concert avec les pays du sud de la zone euro, le gouvernement français est responsable de la dégradation inquiétante de ses relations avec le gouvernement allemand et la BCE. Il espère échapper aux réformes structurelles de son modèle défaillant en tablant sur l'inflation et la hausse des prélèvements obligatoires. Cette politique risque de faire exploser notre monnaie commune. Pourtant, l'Europe a souvent franchi des étapes importantes lors des crises. Nous appelons Nicolas Sarkozy à ne pas manquer cette dernière occasion historique. Il ne reste plus beaucoup de temps pour engager un plan d'urgence concerté avec l'Allemagne et ses partenaires européens plus rigoureux que la Grèce ou l’Italie.

Les deux priorités capables de nous rapprocher à nouveau sont les suivantes : réduire notre dépense publique structurelle, actuellement à 56 % du PIB, et libérer notre potentiel de croissance. Cela exige bien davantage que de la rigueur, et même une réduction des salaires de la fonction publique. Le temps des tabous est terminé. Nous devons réduire les effectifs de l’Etat et moderniser son fonctionnement encore figé par ses corps et ses statuts. Nous devons aussi ramener le poids de notre protection sociale du tiers au quart de notre PIB, le chemin inverse de celui parcouru ces 20 dernières années. Le débat sur les retraites constitue d’ailleurs une occasion importante de commencer à sortir du système de retraite par répartition avec son lot d'injustices.

S’alignant sur la tradition de la gauche, le gouvernement déclare qu’il va taxer les riches. Derrière ce discours démagogique qui alimente le clivage entre classes sociales, le matraquage fiscal promet de paupériser un peu plus les couches moyennes et de faire fuir nos talents et nos investisseurs. Surtout, il ne favorise pas la responsabilisation fiscale et budgétaire des citoyens qui resteront majoritairement adeptes des services publics gratuits…payés par l’impôt. C’est en faisant porter l’effort sur tous que chacun comprendra la nécessité de réduire la dépense publique. Cela dit, l’augmentation de la pression fiscale, déjà excessive, pèsera sur notre croissance. Brider un peu plus le principal moteur de création d’emploi et d’augmentation des recettes fiscales risque de réduire à terme les revenus de l’Etat. Est-ce approprié ?

Les conséquences économiques et sociales de la fin de l'euro seraient dramatiques pour les Français. Face au fardeau colossal de la dette, notre pays risquerait de devoir confisquer une partie de l'épargne des Français, et d'engager les réformes que nous préconisons aujourd'hui dans une urgence ne permettant pas de transition paisible. Les mois sont comptés, le gouvernement est seul responsable devant cette alternative incontournable : réformes structurelles choisies ou subies.