19 Décembre 2010

Réformons notre système éducatif : autonomie et chèque éducation

L’étude PISA a baissé une fois de plus la note du système éducatif français. L’augmentation du nombre d’élèves en difficulté confirme son inefficacité. Malgré un budget par élève parmi les plus importants d’Europe, l’Education Nationale n’est capable ni de tirer avantage de la qualité d’enseignants qui se sentent abandonnés, ni de répondre aux attentes des familles. Derrière l’empilement incohérent de réformes techniques au fil des gouvernements de droite comme de gauche, l’école française ne fonctionne plus. Seule une petite élite, coachée par des parents avertis, parvient à sortir la tête de l’eau.

Pour mettre fin à cette trahison envers les nouvelles générations, abandonnons les réformettes techniques décidées le plus souvent sans vision d’ensemble : elles déstabilisent régulièrement l’ensemble des enseignants et des élèves. Le Parti Libéral Démocrate propose un changement de structure en deux étapes : autonomie totale accordée à chaque établissement scolaire et introduction du chèque éducation.

Nous voulons que l’école soit enfin au service des enfants, non l’inverse. Ce sera impensable tant que l’Education Nationale restera cette gigantesque bureaucratie administrant de manière centralisée ses 1,2 million de fonctionnaires (la première administration au monde après l’armée rouge chinoise). L’échec de ce modèle planiste, désormais indéniable, doit forcer un changement radical d’approche de la part de nos parlementaires et ministres (qui placent quasi-systématiquement leurs propres enfants dans le privé). Nous préconisons que chaque directeur d’établissement soit autonome dans la constitution, le management et la rémunération individualisée de son équipe pédagogique.

En parallèle, l’introduction du « chèque éducation » permettra de financer de manière égale l’éducation de chaque enfant : l’État confie un budget aux parents, qui peuvent le dépenser dans l’école de leur choix. L’institut Montaigne a montré qu’il existe aujourd’hui des fortes disparités dans l’école publique concernant le budget accordé par élève, parfois jusqu’à 30 % entre établissements (en défaveur des quartiers difficiles). Notre réforme mettrait mécaniquement fin à cette iniquité. Nous mettrions également fin au scandaleux quota actuel de places autorisées pour l’enseignement privé sous contrat, alors que la demande est énorme. La création de nouveaux établissements serait libérée. L’émulation entre établissements nous parait nécessaire, dans l’intérêt des élèves, pour inciter les établissements peu performants à se remettre réellement en question.

En Nouvelle-Zélande, le chèque éducation a introduit en 1985 une saine concurrence entre établissements publics et privés. La part des établissements publics a commencé par diminuer, poussant ces établissements à se réformer de manière autonome (les frais administratifs représentaient 70% du budget des écoles ; aujourd’hui, seulement un tiers). La part de ces établissements publics a ensuite ré-augmentée : preuve qu’il est possible de faire beaucoup mieux l’éducation de nos enfants.