24 Mars 2011

Electricité, hausse de 30 % inéluctable ?

En l'absence de concurrence libre et ouverte dans le secteur de l'électricité, il n’est pas étonnant que les hausses de prix apparaissent arbitraires, non justifiées par des raisons économiques ou de sécurité publique. Les tarifs régulés déconnectent le prix de vente de l'électricité de son coût réel. Sa production nécessitent une mécanique complexe d'investissements lourds, de diversification des sources et de capacité à faire face à aux variations de demande intra-journalières. Or, des investissements à long terme exigent une visibilité suffisante sur les prix futurs, que les à-coups arbitraires fixés par décret rendent impossible : le processus de décision, opaque, dépendra du poids de divers lobbys écologiques qui chercheront à maintenir leurs rentes sur les sources « vertes » (éolien, solaire), mais surtout de motifs purement politiques.

Pour des raisons électoralistes, les gouvernements français ont tous maintenu le prix de l'électricité artificiellement bas. Ils l'ont justifié par le coût de production, faible jusqu’ici, de l'énergie nucléaire, sans intégrer les coûts considérables de démantèlement des centrales nucléaires. De plus, après Fukushima, le retour d’expérience va peut-être exiger quelques modifications de sécurité dans les centrales. En bref, le coût réel de la production nucléaire est bien supérieur au prix de vente actuel : il s’agit d’une forme de dette publique masquée, comme il en existe de nombreuses autres formes, Le retour à la réalité (c'est-à-dire le paiement de cette dette), va être douloureux pour le contribuable ou, plus probablement le consommateur, qui a parfois investi (dans un grand logement, etc.) en se basant sur des prix d’électricité faibles. Autant le faire au plus tôt. Comme le sujet est d'abord politique, il est explosif. N'oublions pas que les révolutions démarrent souvent sur des hausses de prix par l'Etat, qu'elles soient justifiées ou non. C'est l'inconvénient de prix encadrés, dont chaque hausse sera imputée au gouvernement.

Le vernis "vert" des derniers gouvernements les pousse à réduire la consommation d'énergie des Français. La hausse naturelle du prix de l’électricité, qui se concrétisera lorsque le marché sera libéré, ne constituerait-il pas le moyen le plus efficace et le plus légitime d'inciter le consommateur à une telle modération ? Par ailleurs, en plein hiver, il faudrait que le prix de l’électricité augmente pour limiter la demande et l’usage de vieilles centrales à charbon. Et réciproquement dans les périodes de surproduction, afin de libérer les envies des français. En tout cas, on pourra récupérer 1% du montant de la facture : la scandaleuse cotisation à la « CGT Énergie », pardon, au comité d’entreprise, bastion du fameux syndicat communiste.