20 Novembre 2010

Retraites : les étudiants entrent dans la danse

VOILA LES RENFORTS dont les syndicats avaient besoin et que l'exécutif redoutait.  Après plusieurs mois d'atonie et de silence, les étudiants (et les lycéens) ont décidé de se lancer eux-aussi dans la bataille contre la réforme des retraites. Comme en 2006 où ils avaient fini par obtenir la peau du Contrat première embauche (CPE), ils savent que leur engagement peut être décisif. Leur capacité de mobilisation - plusieurs centaines de milliers de jeunes tout de même - est on ne peut plus importante. Et surtout leur résistance, sans limite. D'où les craintes légitimes du gouvernement de les voir entrer maintenant dans la danse, au moment où le projet de loi va commencer à être examiné au Sénat...

L'UNEF, syndicat étudiant proche du parti socialiste, a lancé ce lundi 27 une grande campagne de mobilisation qui doit conduire à organiser des AG dans toutes les facultés. Son slogan ? "Étudiant à 20 ans, chômeur à 25, toujours précaire à 67 ans ? Non merci !" Plus de 30 000 tracts et 50 000 affiches vont ainsi être distribués dans les universités d'ici samedi, pour convaincre les étudiants - qui reprennent tout juste le chemin des amphis - de se mobiliser les 2 et 12 octobre prochains. Sa demande ? Ni plus ni moins que le retrait du projet de loi, ce que ni la CGT ni la CFDT ne réclame aujourd'hui. L'organisation étudiante revendique que "toute évolution du système de retraite intègre la validation des années d'études et la prise en compte" dans le calcul des annuités ouvrant le droit à la retraite, "des périodes d'inactivité forcée, et notamment des périodes de stages, d'insertion, d'emplois précaires et de chômage non-indemnisé qui conduisent les jeunes à accumuler des droits à retraite très incomplets". Bref, des dépenses en plus mais aucune solution de financement des déficits actuels. Passons...

Le camp d'en face n'est pas en reste. L'UNI, syndicat étudiant plutôt orienté (bien) à droite, va quant à elle diffuser cette semaine sa propre propagande, sous forme de 100 000 affiches et 300 000 tracts, pour défendre la réforme des retraites. Elle a même monté un site internet "Retraites : générations sacrifiées !!". 

Son slogan est, on le devine, diamétralement opposé à celui de l'UNEF mais tout aussi humoristique : "Les yeux de son père, les joues de sa mère, le poids de leurs retraites. Réformons !", peut-on ainsi lire sur la photo d'un charmant bambin. Pour elle, "la gauche lycéenne et étudiante (UNEF, UNL...) a choisi de servir les intérêts de son camp politique, et non pas ceux de la jeunesse". Ce qui, évidemment, n'est pas son cas.

Quant au Mouvement des étudiants (MET), proche de l'UMP, il soutient évidemment la réforme de Nicolas Sarkozy mais est plus préoccupé aujourd'hui par le lancement de son site internet dans quatre jours que par le mouvement sur les retraites.

En conclusion, je voudrai aussi vous faire partager la campagne de communication d'un autre groupe de jeunes, le parti libéral démocrate, que je trouve très drôle. Son credo ? La retraite par capitalisation. Comme quoi en France, les jeunes ne savent pas que défiler : ils ont aussi des idées. C'est déjà ça de gagné, non ?