Notre vision

Le retour du citoyen

 

Résumé : notre démocratie est malade de ses institutions. Aussi obèses que gourmandes, elles ont finalement mis les citoyens à leur service, quand ce n’est pas à leur merci. Nous voulons une refondation institutionnelle qui mette le citoyen à la fois à la base, et au cœur de notre système politique.

Les Français se sentent de moins en moins représentés dans notre démocratie malade. Ils assistent médusés aux débats d’initiés entre les élus de deux partis qui ont verrouillé la vie politique. Ils constatent les pressions exercées par des corps intermédiaires, au nom de la sacro-sainte « démocratie représentative ». Syndicats, corporatismes, fonctionnaires et assimilés, grands groupes internationaux, profitent de la complexité byzantine de notre arsenal législatif pour se faire voter des lois sur mesure au détriment de la majorité silencieuse sommée de payer. En plus du fardeau fiscal et règlementaire qui ne cesse de s’alourdir, un contrôle des consciences se met en place : il faut afficher un comportement « plus citoyen », « plus solidaire » (lorsqu’il s’agit de l’argent des contribuables), « plus vert ». Ce n’est pas notre vision d’une démocratie libérale.

Notre ambition est de rendre au citoyen son pouvoir sur la décision publique. Sa confiance dans les élus ne reviendra qu’au prix d’une opération de transparence et de simplification de l’ensemble des institutions et des organisations vivant de l’impôt. Entreprises bien sûr, mais aussi partis politiques, syndicats et associations doivent vivre de leur capacité à séduire clients, adhérents, donateurs ou mécènes privés, et non d’argent public susceptible d’engendrer des conflits d’intérêt d’élus ou de fonctionnaires.

Nous souhaitons diminuer le taux d’imposition à un niveau raisonnable pour tous. Les impôts ne doivent pas être conçus pour être punitifs, mais pour être efficients : taux bas pour ne pas décourager l’effort ou la prise de risque, système considérablement simplifié, et suppression de la plupart des niches fiscales. La représentation nationale doit avoir pour mission de maintenir l’impôt le plus faible possible, pas de dépenser à tout va pour ses clientèles protégées.

La simplification de notre millefeuille territorial doit faire sauter des bureaucraties locales redondantes et coûteuses. Nous ne souhaitons maintenir qu’un échelon intermédiaire entre la commune, aux prérogatives élargies, et l’État. La mission de cet échelon, émanation des communes qui assurent son financement exclusif, consistera à gérer ce que les municipalités ne souhaitent pas gérer seules, et qui ne sera pas pris en charge par la société civile.

L’État central doit se recentrer sur les tâches essentielles : justice, police, armée, diplomatie, qu’il a dangereusement délaissées aujourd’hui. Les politiques de vie quotidienne (éducation, emploi, infrastructures, assistance sociale, etc...) trouveront leur réponse dans les efforts complémentaires de la société civile et d’un secteur public local financé par une fiscalité compréhensible. La démocratie locale doit être modernisée, à l’aide notamment du référendum, pour permettre l’émergence de ces politiques locales adaptées au terrain : internet permet désormais d’élargir les possibilités de la démocratie directe, sur le modèle des « votations » suisses. Enfin, un meilleur renouvellement des dirigeants politiques, grâce à une limitation des mandats et à l’interdiction de tout cumul, oxygènera notre vieille démocratie, et limitera les tentations populistes.

Pour restaurer l’intérêt du vote et la légitimité de l’Assemblée nationale et du Sénat aux yeux des électeurs, nous défendons la réduction importante du nombre de parlementaires, une forte dose de proportionnelle et l’obligation de démission d’un emploi public pour éviter tout conflit d’intérêt. C’est aussi à ce prix que nous rééquilibrerons les pouvoirs entre le Parlement et l’exécutif. Plutôt que de rentrer dans une surenchère de voyeurisme inutilement intrusif, les sanctions pour les délits commis dans l’exercice d’un mandat doivent être enfin réellement dissuasives.

C’est au prix de ces changements fondamentaux que sera rétablie la confiance des citoyens dans leurs institutions, et que la France pourra à nouveau prétendre figurer parmi les démocraties modernes et libres.


Faisons confiance aux entrepreneurs

 

Résumé : notre société sclérosée ne récompense ni le risque, ni l’effort. Sur tous les marchés (travail, biens et services, etc.) le jeu de règles taillées sur mesure et  de statuts indéboulonnables rendent les barrières à l’entrée infranchissables. Misons sur les entrepreneurs, les créateurs. Laissons-les s’attaquer aux avantages acquis et rentes de situation au nom du bien commun.

Paraphrasons de Gaulle : « L’emploi, l’emploi disent-ils en sautant comme des cabris sur leurs chaises. » Les hommes politiques nous expliquent en effet depuis des lustres, avant chaque élection, qu’ils ont des remèdes miracles pour « Créer des emplois ». La discussion tourne toujours autour de la question du « Comment ». Mais l’administration est incapable de créer des emplois : comme l’avait avoué piteusement le Président Mitterrand en 1993 : « contre le chômage on a tout essayé ».

Or cet échec est parfaitement compréhensible. Pour arriver aux résultats espérés, il y a une question à poser et une seule : non pas « comment » créer des emplois, la sempiternelle question qui nous mène d’échec en échec et qui laisse à penser qu’il existe une boite à outils quelque part et que l’économie serait comme une machine à vapeur qu’il faudrait simplement mieux régler, mais plus simplement qui créé des emplois.

La réponse est toujours la même, dans tous les pays du monde : les entrepreneurs créent des emplois. Un homme (ou une femme) reçoit un autre homme dans un bureau ou sur un chantier ; ils se mettent d’accord librement, le premier acceptant de payer un salaire au second et le deuxième acceptant de mettre sa force de travail à la disposition du premier. Ils se serrent la main, et voilà un nouvel emploi créé.

La création de valeurs et d’emplois productifs ne découle pas d’un réglage fin du PIB, de la balance commerciale, de l’inflation, du déficit budgétaire par des apprentis sorciers : elle provient d’individus qui se rencontrent et qui acceptent librement de travailler ensemble, dans le respect du contrat passé entre eux.

La question donc se pose immédiatement : Qu’est ce qu’un entrepreneur ? Quelqu’un qui accepte de vivre avec des coûts certains (les salaires de ses employés, les loyers, les frais généraux, les impôts et charges sociales, etc.) mais des revenus totalement incertains (il ne peut pas forcer ses clients à acheter ses produits, contrairement à la Sécurité Sociale). Si ses coûts sont inférieurs à ses ventes, il fera un profit, qu’il utilisera généralement pour investir dans le capital de sa société. Si les ventes sont inférieures aux coûts, il fait des pertes et peut perdre TOUT le capital qu’il avait mis à la disposition de son entreprise et là, l’État ne participe pas aux pertes.

Lorsqu’il fait faillite, il n’a droit ni au chômage ni à de quelconques indemnités. L’entrepreneur vit souvent dans l’angoisse et l’incertitude : plus des deux tiers des sociétés ne sont plus là trois ans après leur création. Le tiers des entrepreneurs qui aura survécu sera à l’origine de quasiment toute la croissance économique pendant cette période.

Sans entrepreneur, pas de croissance économique, pas de croissance des revenus et pas de baisse du chômage. Sans lui, rien n’est possible.

Et sans perspective de profit, pas d’entrepreneur. Ce n’est que si les perspectives de profit demain sont raisonnables que les entrepreneurs lanceront de nouvelles activités. Inversement, un cercle vertueux s’enclenche à partir de la situation contemporaine, comme « le théorème de Schmidt » du nom de l’ancien chancelier social-démocrate allemand, l’énonce : « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain. »

La réalité d’aujourd’hui est que les entrepreneurs français ne peuvent émerger tant ils sont écrasés par l’État, ses réglementations absurdes et ses impôts qui empêchent d’investir et d’embaucher. Il ne s’agit pas de les aider, de les subventionner, mais bien de briser leurs chaînes, de libérer Atlas.

Nous nous attacherons à libérer les entrepreneurs Français de toutes les contraintes abusives auxquelles ils sont soumis pour permettre le grand retour des preneurs de risque sur la scène économique de notre pays.

Et à partir du moment où les preneurs de risque seront traités comme des citoyens valeureux et non plus comme des profiteurs, la croissance reviendra, et avec elle les emplois.

 

La société de confiance

 

Résumé : jamais la société française n’a été baignée dans un tel climat de défiance. Dans notre république d’initiés, chacun croit que son voisin vit aux dépens des autres. Une société juste se fonde avant tout sur des règles simples et universelles, protégées par une justice ayant les moyens de sa mission. Nos institutions, lois, décrets et règlements doivent cesser de considérer l’homme systématiquement mauvais pour les autres comme pour lui-même. Face à l’Etat-Nounou et son absurde principe de précaution, nous voulons rendre le pouvoir aux citoyens, et clamer le principe de responsabilité.

La France reste un État de droit. Pourtant, elle emprunte de plus en plus la voie du « despotisme démocratique » qu’annonçait Tocqueville il y a plus de deux siècles : au prétexte d’assurer leur bonheur à leur place, l’État enserre les citoyens « d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes », généralement improvisées après le moindre fait divers, et qui finissent par nous étouffer au quotidien. L’État nounou nous berce désormais de la naissance à la mort, nous imposant quoi manger, quoi faire et quoi dire. L’obsession de la sécurité routière et des radars, l’hystérie anti‐tabac (André Malraux a dû retirer sa cigarette sur les timbres de la Poste, et M. Hulot sa pipe sur les affiches de film), les délires de la « fiscalité comportementale » (récemment sur la bière, et même à l’étude pour le sucre ou le vin !), les procès incessants faits aux éditorialistes impertinents (d’Éric Zemmour à Patrick Besson en passant par Nicolas Bedos) à l’encontre de la liberté de s’exprimer (même pour dire des âneries), et bien sûr l’inscription du « principe de précaution » dans la Constitution, participent d’une même logique de déresponsabilisation et d’infantilisation.

Certes, nul n’est censé ignorer la loi, mais on souhaite bon courage au citoyen, parmi les 2016 lois, 600 ordonnances et 26198 décrets en vigueur, pour ne jamais se mettre en illégalité, tant l’État se mêle de tout. Pourquoi ne pas accepter au contraire que la vie est un risque et le citoyen, un individu qu’on espère unique et dont les comportements ne peuvent être uniformément réglés ?

Il est donc urgent de retrouver, contre le moralisme ambiant, une conception plus rigoureuse des libertés individuelles en même temps qu’une tolérance plus grande envers ceux qui ont des comportements différents voire déviants.

Depuis 1975 et l’arrêt du Conseil d’État dit « Bouvet de la Maisonneuve », l’État assume officiellement devoir « protéger les individus contre eux-mêmes ». C’est là le début d’une dérive dangereuse. Il faut urgemment revenir sur cette jurisprudence et préciser le rôle de l’État : informer, réguler, prévenir, mais non protéger contre soi-même.

Bien sûr, chacun doit être responsable de ses actes : chacun doit assumer devant la justice toute atteinte faite à autrui. Seule cette action dissuasive et réparatrice de l’État est à la fois moralement juste et efficace.

Responsabiliser l’individu, c’est la condition pour retrouver cette « confiance » dont de nombreux sociologues et économistes regrettent qu’elle disparaisse de notre société. Confiance dans autrui, confiance dans les décisions du groupe. L’idée britannique de « Big Society » est un modèle (même si sa réalisation outre-Manche reste lacunaire) : permettre aux citoyens de s’auto-organiser, déconcentrer le plus loin qu’il est possible les processus de décision. Cela s’applique aussi bien aux écoles, qui doivent pouvoir devenir autonomes, qu’à l’administration des services publics locaux ou aux systèmes de retraite ou d’assurance-maladie, aujourd’hui totalement collectivisés, et qui ne pourront se redresser qu’en s’ouvrant aux solutions du privé. Nous voulons pouvoir choisir les écoles de nos enfants comme le financement de nos vieux jours !

Nous ne sommes pas des enfants. Nous n’avons pas besoin de nourrices attentives et prévenantes mais de lois claires et resserrées. Comme disait George Pompidou : « Mais arrêtez donc d'emmerder les français : Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays. On en crève ! Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira beaucoup mieux ! »

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