Solidarités actives

La protection sociale est une exigence morale, l’assistance généralisée est une dérive amorale.

Il est naturel de vouloir nous protéger des incidents de la vie et bénéficier d’une pension suffisante pour profiter sereinement de sa retraite. Mais les transferts sociaux atteignent aujourd’hui un tiers de la richesse nationale chaque année, et ils ne cessent de croître. C’est excessif et inefficace. Cette protection sociale ne diminue nullement la pauvreté et l’exclusion, mais pèse sur ceux qui la financent et sur l’activité économique. La voie qui consiste à promouvoir l’aide généralisée à tout propos et en toutes circonstances, nous conduit vers la désintégration de notre système de protection sociale. Elle nuit également au lien social, ciment de la société, en déresponsabilisant les individus et les familles.

La société a besoin de retrouver un fonctionnement normal pour voir renaître l'engagement de chacun vis-à-vis des autres sous toutes ses formes : familiales, de proximité, associatives... Le Téléthon et les Restaus du Cœur sont deux exemples de succès nés d’une initiative privée. Si les Français n’étaient pas autant taxés, leur générosité serait bien plus grande encore. Hélas, la réglementation sur les fondations reste la plus restrictive et la plus dissuasive d’Europe. C’est pourtant le moyen le plus approprié pour lever des dons et affecter des ressources à un projet d’intérêt général. Nous souhaitons donner à nouveau tout son espace à cette forme spontanée de générosité et de fraternité.

Rien n’est plus dissolvant que la charité légale, ce droit à l’assistance qui éteint tout sentiment de dignité pour ceux qui y recourent.

Les autres articles

07 Mars 2017

Pourquoi Fillon a tort de reculer sur la Sécu

De l’arrivée de nouvelles thérapies ruineuses à la révolution transhumaniste, le monopole de la Sécu promet un décrochage brutal qui amplifiera les différences entre ceux qui peuvent améliorer significativement leur espérance de vie et ceux qui n’en ont pas les moyens.

Article d'Aurélien Véron paru dans atlantico le 23 février 2017

15 Mars 2015

Libérons l'industrie de la santé de la planification

Le projet de loi Touraine réunit contre lui toutes les organisations de professionnels de la santé. C’est une prouesse qui restera dans les annales de son ministère. La raison, c'est que notre système de santé craque de partout. Si la qualité des soins décline encore lentement, l'industrie de la santé est au bout du rouleau. Le secteur a beau faire travailler 2,5 millions de personnes et peser 12,5% du PIB, le gouvernement persiste à croire qu'il peut échapper aux règles d'une économie de marché. Marisol Touraine veut imposer de manière discrétionnaire aux hôpitaux et cliniques une baisse de la facturation à leurs patients de -1% et -2,5% pour l'année en cours.

20 Février 2015

Aurélien Véron : «Le monopole de la Sécu n'est pas responsabilisant»

Décideurs. Les dépenses publiques ont atteint 57 % du PIB en 2012. Que doit-on en penser ?
Aurélien Véron.
La retraite et l’assurance maladie sont les clés de voûte de l’État providence à la française. Un modèle financièrement condamné, comme l’annoncent rapports et livres blancs depuis plusieurs décennies. Il me semble clairement à la fois inefficace et injuste à bien des titres. En outre, le coût de la protection sociale, près d’un tiers de notre PIB dans son ensemble, m’apparaît excessif.

12 Mai 2014

Un impôt unique et un revenu universel

Qui peut être satisfait du « modèle social français », ce maquis d'impôts et d'allocations empilés au fil des décennies, symptôme d'un paternalisme bureaucratique et méprisant ? Les pauvres ? Nombre d'entre eux, par fierté ou découragement devant la complexité des procédures, ne réclament même pas le revenu de solidarité active (RSA) auquel ils auraient droit. Les salariés ? Bien malin qui pourrait déchiffrer les trente lignes d'une feuille de paie, mélange de fausses cotisations et de vrais impôts. Les « smicards » ? Leur progression salariale est découragée par les effets de seuil. Les jeunes? Ils paient pour les retraités et les familles nombreuses. La complexité insondable et l'inefficacité patente du système sociofiscal représentent une insulte faite à chaque citoyen.

05 Mai 2014

Europe 1 : êtes-vous prêts à travailler jusqu'à 70 ans comme les Australiens ?

Le gouvernement conservateur australien souhaite repousser à 70 ans l'âge légal de départ à la retraite d'ici à 2035.Toutes les personnes nées après 1965 seront touchées par cette mesure.
Objectif affiché : réduire le déficit de l’état et « prévenir une crise budgétaire ».

Depuis 1908 en Australie, les hommes peuvent faire valoir leurs droits à la retraite à partir de 65 ans, les femmes à partir de 60ans. Au cours des 30 prochaines années, le nombre d'Australiens de plus de 65 ans va doubler et celui de plus de 85 ans tripler. Le précédent gouvernement australien, de gauche, avait déjà relevé l’âge de la retraite de 65 à 67 ans

01 Avril 2014

Ce n'est pas à l'Etat de s'occuper de nos souffrances

Les politiques semblent prendre un plaisir sadique à nous parler de nos «souffrances» ; Nicolas Sarkozy le premier, qui évoquait dans sa récente tribune les «peines, souffrances et inquiétudes» de ses compatriotes, écho désespérant de son discours de Toulon de 2011, où ils se lamentait que «beaucoup de Français ont souffert et continuent de souffrir.» L'actuel Président de la République reprend volontiers ce thème, lui qui s'adressait dans son discours de campagne du Bourget à «la France qui souffre». Il ne s'écoule pas une journée sans que l'un de nos représentants vienne nous rappeler, chers lecteurs, combien nous souffrons. Encore dimanche dernier, à l'annonce des résultats des élections municipales, Jean-Marc Ayrault disait comprendre «la souffrance et la désespérance».

03 Mars 2014

Eloge du don 2

La semaine dernière, je dépeignais avec un enthousiasme naïf la « nouvelle économie du don », troisième voie entre le marché et la redistribution. Je dois maintenant vous avouer, chers lecteurs, que nous ne sommes pas, collectivement, des modèles de philanthropie. Dans le dernier World Giving Index pour 2013, les Français arrivent en 77e position, tandis que la palme d’or revient une nouvelle fois… aux Américains. Les plus « solidaires » ne sont pas ceux qu’on croit.

25 Février 2014

Eloge du don

Entre la logique du secteur privé et celle de l’intervention publique se tient heureusement un troisième personnage. Tardifs remerciements à Guy Sorman pour me l’avoir fait découvrir dans son livre Le Cœur américain. Je lui consacrerai plusieurs chroniques, tant ce deus ex machina semble capable de nous sortir de bien des impasses.

12 Novembre 2013

Droits d’option

La France refuse désormais aux 170.000 résidents français travaillant en Suisse le droit de souscrire à une assurance santé privée.

24 Octobre 2013

Redressons notre système de santé par le libre choix de l’assurance santé

Des frontaliers travaillant en Suisse et résidant en France ont manifesté à Pontarlier pour pouvoir continuer à s’assurer intégralement auprès d’une assurance santé privée, moins coûteuse et protégeant mieux que la sécurité sociale française. Ils sont 160.000 (sur 169.000 au total) à voir leur choix remis en cause par la Sécu qui souhaite les forcer à revenir vers elle. Pourtant, la remise en cause du monopole de l’assurance maladie a été décidée par les instances européennes.  Le PLD appelle donc au remplacement du monopole actuel de la sécu par un cadre ouvrant à tous les Français le libre choix de leur assureur.

29 Août 2013

LA NON-RÉFORME DES RETRAITES NE RÈGLE RIEN

Un balayage de poussière sous le tapis en règle !
L'ajustement comptable annoncé par Jean-Marc Ayrault ne touche pas les régimes spéciaux ni les retraités au traitement avantageux (CSG plus faible, déduction fiscale de "frais professionnels"). Il avantage également la fonction publique au détriment du privé. Il ajoute 8 milliards d'euros de charges aux entreprises, ce qui pèsera vite sur l'emploi et creusera encore davantage les déficits sociaux. L'évaluation de la pénibilité promet d'ajouter aux employeurs une couche de complexité bureaucratique, et d'encourager les surenchères catégorielles pour en étendre le bénéfice. Les déficits initialement prévus (25 Md€ prévus en 2020) sont loin d’être résorbés, l’équilibre annoncé ne concernant que les régimes de base hors régimes spéciaux..
06 Juin 2013

Premier axe d’une réforme des retraites : l’équité

Le PLD appelle à l’unification des 35 régimes de retraite actuels en un système identique pour tous. Il n’est plus acceptable que les retraites de la fonction publique soient calculées sur les 6 derniers mois (les meilleurs) de salaire contre les 25 meilleures années dans le privé, ni que l’indexation des retraites soit plus généreuse dans le public que dans le privé. Cette confusion engendre une opacité préjudiciable au retour de la confiance, et elle coûte cher, l'estimation oscille entre 10 et 15 milliards d’euros. La réforme que nous préconisons est juste, car elle met tout le monde à pied d’égalité, salariés du privé, fonctionnaires dont les primes seront prises en compte, élus : à cotisations égales, retraite égale.

24 Janvier 2013

3 propositions pour l'assurance chômage

La Cour des comptes critique durement l’assurance chômage, ruineuse et inefficace. Le déficit attendu de 5 milliards d’euros pour 2013, ajouté à la dette de 14 milliards, nécessite une réforme profonde de ce mécanisme.

15 Mars 2013

Les propositions du PLD pour sauver le système des retraites

Le président de la République veut réformer les retraites. Les premières annonces manquent singulièrement d'originalité et d'ambition. L'habituelle baisse des pensions accompagnée d'une hausse des cotisations et de l’âge de départ autoritairement fixé par l’état repousserait de quelques années la faillite annoncée de la répartition actuelle, sans en corriger les injustices. Le PLD propose de sauver financièrement les retraites des assurés en leur offrant un plus grand contrôle sur celles-ci.

06 Juillet 2012

Taxer plus le capital pour financer la sécurité sociale : le gouvernement comprend-il que c’est encore le pouvoir d’achat des Français qu’il va pénaliser ?

Le trou de la sécurité sociale s’annonce proche de 14 milliards d'euros pour 2012. La ministre des Affaires Sociales en a profité pour déclarer que « le financement de la Sécurité sociale vient des cotisations que payent les salariés et les employeurs régulièrement », et qu’il faut « faire en sorte que les revenus du capital » y contribuent également. Au mieux, Marisol Touraine ne connaît pas son dossier. Au pire, elle nous ment effrontément pour justifier l’augmentation massive des prélèvements obligatoires sur les revenus du capital.

07 Mars 2012

Pourquoi ne pas faire de l'assurance chômage l'affaire de chacun ?

Prisonniers de schémas de pensée archaïques, PS et UMP persistent à se demander si les lois imposant à un chômeur d'accepter une offre d'emploi doivent être durcies ou non. Le problème du chômage résulte surtout d'un manque d'adéquation entre les compétences existantes et les besoins des nouveaux métiers. Nicolas Sarkozy voudrait soumettre à référendum un renforcement des contraintes légales pesant sur les chômeurs. Quelle étroitesse de vue !

20 Novembre 2010

Retraites : les étudiants entrent dans la danse

VOILA LES RENFORTS dont les syndicats avaient besoin et que l'exécutif redoutait.  Après plusieurs mois d'atonie et de silence, les étudiants (et les lycéens) ont décidé de se lancer eux-aussi dans la bataille contre la réforme des retraites. Comme en 2006 où ils avaient fini par obtenir la peau du Contrat première embauche (CPE), ils savent que leur engagement peut être décisif. Leur capacité de mobilisation - plusieurs centaines de milliers de jeunes tout de même - est on ne peut plus importante. Et surtout leur résistance, sans limite. D'où les craintes légitimes du gouvernement de les voir entrer maintenant dans la danse, au moment où le projet de loi va commencer à être examiné au Sénat...

05 Septembre 2010

Réforme des retraites : le PLD dénonce une grève d’intimidation de plus et lance une campagne d'affichage pour la capitalisation

Le 7 septembre, notre quarteron habituel de syndicats affirme une fois de plus son pouvoir de nuisance dans la rue, passant outre la légitimité démocratique des élus. À nouveau, les Français se retrouvent victimes, paralysés dans leur vie quotidienne par des grèves à motif politique. Sans propositions nouvelles depuis 30 ans, ces syndicats prônent l’annulation pure et simple des quelques mesures utiles du gouvernement et exigent le maintien de la retraite à 60 ans, l’augmentation du nombre de fonctionnaires, des augmentations de salaires dans la fonction publique déjà favorisée,… Le Parti Libéral Démocrate dénonce cette politique de l’intimidation par des syndicats politisés. Si la réforme des retraites proposée par le gouvernement est loin d’être à la hauteur des enjeux de financement des retraites, elle a le mérite d’atténuer l’ampleur de la catastrophe à venir et ne peut souffrir de report.

16 Juin 2010

Réforme des retraites : une rustine pour tenir jusqu'en 2012

Nous attendions un projet ambitieux et rénovateur. Hélas, l’introduction d’un deuxième pilier dans le système de retraite sous la forme de fonds de pension n’est pas prévue. Pas plus que ne l'est la fusion des innombrables régimes de retraite, profonde source d’iniquité et casse-tête pour les multi-pensionnés. Nous n’aurons droit qu’à un bricolage de plus, incapable de stopper l’effondrement annoncé par le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de notre système par répartition.

04 Juin 2010

Mettons fin à l’injustice des régimes spéciaux : à cotisation égale, retraite égale

A défaut d’espérer l’introduction d’une part majoritaire de capitalisation comme le souhaite le Parti Libéral Démocrate, nous attendons du gouvernement une réforme ambitieuse de la répartition. Conscients de la menace qui pèse sur leur retraite, nous estimons les Français prêts à contribuer collectivement à l’effort s’il est juste. C’est pourquoi il est nécessaire d’harmoniser les systèmes de retraite par répartition actuels, et de tous les aligner sur les mêmes règles. L’obstacle principal, ce sont nos corporatismes et ceux qui les défendent : les centrales syndicales au service d’intérêts catégoriels.

31 Mai 2010

Réforme des retraites : au PS comme à l’UMP, c’est le bal des hypocrites

La crise de la dette accroît l’ampleur du déséquilibre de notre système de retraites. Pour la première fois dans notre histoire, la retraite moyenne est supérieure au salaire moyen dans notre pays. Tenant compte des tendances démographiques, les salariés, qui aujourd’hui payent des cotisations représentant le quart de leur salaire pour financer ces retraites généreuses, devinent qu’eux-mêmes auront beaucoup moins. Les réglages techniques promis par la droite comme par la gauche promettent de mener le système à la ruine et d’appauvrir une grande partie des Français. Pour parer à cette dégradation sociale et financière sans précédent, le Parti Libéral Démocrate rappelle la nécessité de faire des fonds de pension le pilier central de la retraite.

23 Avril 2010

Quelles retraites voulons-nous demain ?

Les conclusions alarmantes du Conseil d'orientation des retraites confirment le diagnostic établi il y a vingt ans par Michel Rocard dans son "Livre blanc". Notre système de retraite est en train de s'effondrer sous les yeux de notre classe politique tétanisée. Comme il l'avait aussi prédit, le sujet est une poudrière qui a déjà fait sauter un gouvernement. Déjà fragilisée par un niveau excessif d'endettement public, la France aura du mal à résister à l'ardoise supplémentaire de 2 600 milliards d'euros, déficit cumulé estimé des retraites d'ici 2050. Plutôt qu'un rabibochage de notre système de répartition avec des bouts de ficelle, nous devons avoir l'ambition de refonder notre modèle social. La Suède, l'Australie, la Suisse et bien d'autres pays ont fait le choix de sauver leur système de retraite en recourant à l'épargne retraite individuelle. Pourquoi ne pas élargir le débat et envisager à notre tour ces solutions qui ont fait leurs preuves ?

13 Avril 2010

Retraites : non aux impôts supplémentaires, oui aux fonds de pension

Le débat sur la réforme des retraites risque d’être confisqué par les partenaires habituels. D’un côté, les syndicats qui ne représentent plus grand monde, surtout parmi les salariés du privé, chercheront à bloquer toute réforme. De l’autre, le gouvernement agira arbitrairement sur les leviers habituels : augmentation du nombre de trimestres nécessaires pour un départ à la retraite à taux plein, hausse supplémentaire des cotisations sociales et diminution des prestations. Le Parti Libéral Démocrate s'oppose à toute charge supplémentaire visant à colmater un système par répartition au bord de l’effondrement. Nous demandons qu’on rende aux Français leurs cotisations vieillesse aujourd’hui confisquées, ainsi que leur liberté de choisir l’âge de départ à la retraite qui leur convient le mieux. Laissons-les aussi constituer un capital pour leurs vieux jours et, le cas échéant, pour leurs héritiers.

09 Janvier 2010

Quelle assurance santé ?

L'augmentation du forfait hospitalier constitue un bricolage comptable inadapté à l’enjeu de l’explosion des comptes de l’assurance maladie. Financée par prélèvement sur les salaires et donc sur le travail, la sécu pèse aujourd’hui sur l’emploi. En outre, elle ne pourra survivre au départ des baby-boomers et elle est donc déjà condamnée à moyen terme.

18 Janvier 2010

Réforme hospitalière : et si on allait plus loin ?

La santé est un bien primordial que nous payons fort cher en France. Malgré une hausse de son budget de 15 milliards d’euros en quinze ans, l’hôpital connaît un déclin que seule une réforme d’organisation peut redresser. Inspirées du rapport Larcher, plusieurs mesures du projet de loi « Hôpital, patient, territoire, santé » vont dans le bon sens. D’autres renforcent dangereusement l’intrusion de l’Etat dans la vie des Français. Elles manquent toutefois d’ambition et de cohérence en s’accrochant à l’approche planificatrice de la santé et en ne remettant pas en cause le monopole de l’assurance maladie. Nous espérons que la prochaine étape permettra aux assurés d’améliorer leur couverture santé et la qualité des soins hospitaliers.