14 Avril 2015

Big Brother

Le projet de loi sur le renseignement n'était débattu que par 35 députés à l'ouverture des débats à l'assemblée nationale lundi 13 avril. Pire que cette désinvolture à l'égard de nos libertés, aucun parti présent dans l'hémicycle ne s'est opposé à leur recul sans précédent. Des services sous l'autorité du ministre de l'intérieur - hiérarchie éminemment politique - auront accès au contenu de nos correspondances et de nos échanges téléphoniques, pourront poser caméras à notre domicile et des balises sur nos véhicules à notre insu sans jamais demander l'autorisation préalable d'un juge. Cette porte ouverte à toutes les dérives est inacceptable dans ne démocratie digne de ce nom.

Cette loi n'est pas une loi anti-terroriste mais un outil de surveillance sans limite dans sept domaines d'action, parmi lesquels la protection des « intérêts économiques de la France » à la définition aussi large que floue. Le député Alain Marsaud, ancien magistrat anti-terroriste, reconnait que « cette loi peut permettre une police politique comme nous n’en avons jamais vue. » Ce n'est pas un hasard si sept hébergeurs français parmi lesquels l'entreprise française OVH, numéro 1 en Europe, menacent de s'exiler vers des cieux moins liberticides. Devant le silence des autres partis politiques, nous appelons à signer l'appel #NiPigeonsNiEspions en ligne. Nous sommes plus que jamais motivés à continuer notre engagement en faveur du rétablissement d'un état de droit, c'est à dire un cadre protecteur des libertés et de la vie privée de chaque citoyen en l'absence de toute procédure judiciaire.