08 Septembre 2013

Compétitivité, qui a parlé….

code de compétitivité

Par André Moguérou, secrétaire national en charge des PME

Gauche et droite ont longtemps vécu dans le déni ou l’ignorance. Aujourd’hui les chiffres se vengent, et on se demande par quel miracle les agences Moody’s et Fitch continuent d’accorder un triple A où un AA+ à la dette française.

Comment peut-on choisir la hausse des impôts plutôt que la réduction des dépenses publiques, le contraire de ce que pourrait conseiller la forte majorité des économistes et entrepreneurs?

Cette hausse effrénée de la ponction publique va finir d'étouffer l’économie française.  Ce qui va avoir comme conséquence moins de recettes en définitive, et on va vite s’en apercevoir.

Le déficit structurel est de 90 milliards d’euros par an, résultat de structures étatiques et territoriales totalement obsolètes. Celles-ci en outre sont dirigées par des élus qui n’ont de cesse de sauvegarder leurs prérogatives au lieu d’avoir le courage politique de restructurer enfin notre pays. Pour la plupart, ils n’ont pas la vision économique et sociale à l'échelle nationale, européenne et internationale qui permettrait à la France de tirer son épingle du jeu dans les flux économiques internationaux.

Arrêtons de disserter et attaquons-nous aux vrais problèmes de nos déficits en supprimant les emplois publics improductifs ou inutiles, les 35 heures, les agences publiques, les niches fiscales, les avantages aux partenaires soit-disant sociaux, les inégalités public-privé, les investissements non-prioritaires des collectivités locales.

En déclenchant une réelle révolution structurelle, la France pourrait équilibrer facilement son budget et stopper l’augmentation de sa dette publique de 1.900 milliards d’euros en 2012, pour un remboursement annuel d’environ 48 Milliards d’euros (2,54 %, grâce à l’Europe pour l’instant).

Redonnons de l’oxygène à nos entreprises en diminuant de 8% à 10% les prélèvements obligatoires pour être au même niveau que l’Allemagne, et aidons-les à investir par par le biais d'entités privées et non publiques comme par exemple la fabuleuse BPI.

Les PME françaises ont des difficultés à trouver des acquéreurs et par conséquent de plus en plus de mal à se vendre. La crise, les réformes fiscales ont fait chuter de près de 20 % les fusions et acquisitions depuis 2010. Les acquéreurs français n’investissent plus et les acquéreurs étrangers désertent le marché français.

Regroupons les chefs d’entreprise pour qu’ils soient sensibles à être beaucoup plus représentés parmi les élus, leurs compétences sont plus que jamais nécessaires dans le contexte actuel, et supprimons cette école ENA qui ne cesse de former des procéduriers qui sclérosent nos organisations publiques et grandes entreprises.

Quand un pays est capable de voter une loi sur « le principe de précaution », cela veut tout dire sur le niveau démagogique et clientéliste développé depuis 30 ans par nos évangélistes politiciens.

Qu’est-ce que la compétitivité ?

Un pays est compétitif lorsqu’il réussit à vendre ses produits à l’étranger

-       En étant présent sur les secteurs porteurs : pour exporter, il faut proposer des produits que le reste du monde demande.

-       En proposant de bons produits, adaptés à l’attente du consommateur.

-       En étant moins cher que ses concurrents : à qualité égale, c’est le prix qui fait la différence. La « compétitivité-prix » dépend notamment du coût du travail, c’est-à-dire du niveau des salaires et surtout des cotisations sociales.

-       En sachant vendre ses produits : les entreprises doivent avoir les moyens et les compétences de vendre leurs produits dans le monde entier.

Situation actuelle 

Parmi les pays les plus compétitifs, la France occupe la 24iéme position et elle vient de reculer de 3 places au mois de juin 2013.

Les points faibles de l’ensemble des entreprises françaises :

1.     Un coût du travail élevé

2.     Des dépenses publiques trop élevées

3.     Une fiscalité lourde

4.     Un cadre législatif rigide

5.     Une recherche privée insuffisante

La France recule à l’international

-       Part de marché dans le commerce mondial de 2000 à 2011                        - 42%

-       Part de marché dans les exportations européennes de 2000 à 2011         - 25 %

La France compte 4.600 entreprises de taille intermédiaire (ETI, dont les effectifs varient entre 250 et 5.000 salariés). En Allemagne, on en recense plus de 10.000.

L’industrie Française

Une diminution continue de la production des usines depuis 30 ans.

 

Des entreprises peu présentes à l’exportation

 

Un autofinancement décroissant :

 

Il faut réconcilier la France avec son économie, en commençant par supprimer les obstacles structurels à l’expansion économique. Tous nos politiciens parlent de croissance, de compétitivité et d’innovations depuis trop longtemps, sans actions. Il est urgent de se poser cette question : « Ont-ils la capacité et les moyens de mettre en place des stratégies efficaces à très court terme ?». C’est une affaire de survie à très brève échéance.

En attendant, les hausses de l’électricité et du gaz de 10 % à partir de juillet 2013, les choix gouvernementaux concernant les retraites au mois d’octobre 2013 (les perspectives de recettes ayant largement diminuées), et l’augmentation significative du déficit public laissent entrevoir un mécontentement général pour la rentrée. Il sera nécessaire à ce moment-là de réaliser les grands changements que nos concitoyens attendent.