13 Août 2010

Reconquête des quartiers pour lutter contre l'insécurité : fin de l'assistanat et tolérance zéro

Les récents évènements de Grenoble sont loin d'être anodins. Ils constituent une nouvelle étape dans l’escalade de la violence depuis les émeutes de 2005. Ils témoignent de trente années d'échec en matière de politique de sécurité urbaine. Ministre de l’intérieur dés 2002, Nicolas Sarkozy n’a su stopper l’extension et la dégradation des zones de non droit. A défaut d’apporter des solutions ayant fait preuve de leur efficacité, les récentes déclarations du gouvernement ne font qu'égarer notre République en livrant des boucs émissaires à une opinion publique exaspérée. Pour le Parti Libéral Démocrate, il n’est pas acceptable de scinder les Français en deux catégories, les citoyens de plein droit et les sous citoyens aux droits amputés. La loi doit être la même pour tous les Français. La priorité, c’est la reconquête des quartiers sensibles et, simultanément, le traitement des causes du mal.

Depuis 30 ans, droite et gauche se sont abrités derrière la culture de l’excuse pour justifier l’inaction, voyant dans les conditions sociales ou les différences raciales des habitants la principale cause des violences. Des milliards d’euros ont été engloutis dans de multiples plans banlieue dont nous constatons aujourd’hui l’inutilité. Le PLD dénonce autant la victimisation de l’immigration que l’ostracisme actuel d’Etat à l’égard de populations prises dans leur globalité. Les punitions collectives sont aussi injustes qu’inutiles à corriger les fautes individuelles. Il nous parait essentiel de rendre à nouveau chaque individu responsable de ses actes. Largement responsable de la rupture sociale à grande échelle, la politique d’assistanat doit notamment être remise en cause. Lorsque des enfants grandissent dans des familles qui n'ont jamais connu le travail mais seulement les aides sociales, il est difficile de les préparer à affronter l'avenir de manière responsable. Il est temps de remettre cette dérive en question et d’en finir avec la politique de l’excuse systématique.

Ensuite, la reconquête des quartiers passe par une politique de tolérance zéro, en utilisant l’arsenal législatif existant. Les moyens existent, encore faut-il les répartir plus judicieusement et les gérer efficacement. Simple exemple, Paris compte un policier pour 100 habitants contre 1 pour 500 en grande couronne. La gestion des horaires et des repos compensateurs des policiers, et la répartition des tâches administratives par exemple, méritent d’être revus en profondeur. Concernant les peines et les sanctions, l'alternative ne doit plus être l'absence de peines par laxisme ou l'envoi des jeunes délinquants dans des prisons souvent devenues les écoles du crime organisé. Les sanctions doivent être fermes et rapidement exécutées, mais avec des établissements fermés adaptés pour réintroduire la notion de responsabilité dans l'esprit de jeunes dénués de valeurs et de repères.

L'Education Nationale porte également sa part de responsabilité dans le délitement de la responsabilité dans ces zones abandonnées. L’école unique et monolithique pour tous ne permet plus de répondre aux besoins des quartiers difficiles où l'échec scolaire massif alimente un ressentiment important. Exclus et sans perspectives, les jeunes qui ont quitté l'école n'hésitent plus à brûler ces institutions de transmission de la culture et du savoir lors des émeutes. La restauration du lien de l'enfant à l'école est primordiale pour les prochaines générations. Il passe par une plus grande liberté dans la gestion des établissements scolaires, ouvrant la voie à de nouvelles expérimentations pédagogiques.