18 Janvier 2010

Réforme hospitalière : et si on allait plus loin ?

La santé est un bien primordial que nous payons fort cher en France. Malgré une hausse de son budget de 15 milliards d’euros en quinze ans, l’hôpital connaît un déclin que seule une réforme d’organisation peut redresser. Inspirées du rapport Larcher, plusieurs mesures du projet de loi « Hôpital, patient, territoire, santé » vont dans le bon sens. D’autres renforcent dangereusement l’intrusion de l’Etat dans la vie des Français. Elles manquent toutefois d’ambition et de cohérence en s’accrochant à l’approche planificatrice de la santé et en ne remettant pas en cause le monopole de l’assurance maladie. Nous espérons que la prochaine étape permettra aux assurés d’améliorer leur couverture santé et la qualité des soins hospitaliers.

Les problèmes de l’hôpital ne sont pas à rechercher dans le nombre de lits, le nombre de personnels hospitaliers ou le budget qui lui sont consacrés. Ces chiffres, ramenés au nombre d’habitants, sont parmi les plus élevés de l’OCDE. La vraie dérive, ce sont les 35 heures, la bureaucratie, l’absentéisme et la fonctionnarisation du personnel. L’autonomie accordée aux hôpitaux remettra à plat leur organisation actuelle, planiste et archaïque. Ce pas vers l’autonomie exigera l’arrivée de compétences nouvelles, notamment managériales, pour favoriser les bonnes pratiques et moderniser le fonctionnement d’ensemble. La vie des personnels soignants n’en sera qu’améliorée, pour de meilleurs résultats. Pour aller plus loin, nous demandons la possibilité de délégation de service public pour confier progressivement la gestion des hôpitaux à des chaînes mutualistes ou de cliniques comme cela se fait en Allemagne ou en Suède.

La création des Agences Régionales de Santé renforcera la planification de l’offre de santé au niveau régional, même rationalisée. Parallèlement, l’assurance maladie reste un monopole bureaucratique à la mission très éloignée de celle d’une assurance santé moderne. A l’opposé de cette approche bureaucratique, nous demandons l’ouverture de notre assurance maladie à la concurrence pour ceux qui le souhaitent. Le rôle des mutuelles et des assurances de santé consiste précisément à améliorer la couverture de l’offre de soins, et notamment la prévention, pour répondre aux besoins de leurs clients assurés.

Enfin, cette réforme présente une dérive liberticide. De l’interdiction des cigarettes-bonbons à l’obligation d'installer des détecteurs de fumée dans nos maisons, toute une série de mesures viennent renforcer l’ingérence des pouvoirs publics dans nos vies. Nous nous opposons à ces mesures infantilisantes qui imposent progressivement aux Français l’hygiénisme d’un modèle de société aseptisé.