16 Janvier 2010

Repenser l'Europe

Le 'non' irlandais porte un rude coup à la construction européenne. Sans porter de jugement sur ce vote souverain, le faible taux de participation (53%) nous surprend de la part d'un peuple qui a su tirer le meilleur de ce processus. A la veille de la présidence française de l'Europe, nous ne devons par prendre le risque d'une remise en cause des avancées dues à la construction européenne : marché unique, fin des monopoles et remise en question des "champions nationaux" subventionnés par les Etats, baisse de la dette publique des Etats membres (et fin négociée de la PAC dans un futur proche).

L’Europe en revient donc au compromis provisoire du traité de Nice, complexe et surtout inadapté à un fonctionnement à 27 Etats membres. Au-delà des lourdeurs institutionnelles non résolues, l’échec du Traité de Lisbonne est l’échec du Projet Européen qui a perdu son adhésion populaire. Les nouvelles générations d’européens qui n’ont pas connu la guerre, attendent autre chose de l’Union Européenne.
Le Parti Libéral Démocrate a la conviction que le renouveau du Projet Européen ne se fera pas sans l’adhésion de ses peuples. Cette adhésion nécessite une meilleure lisibilité de l’action de l’Union Européenne en appliquant effectivement le principe de subsidiarité, en concentrant les efforts de l’Union d’une part sur la mise en place d’un cadre de croissance et de dynamisme profitant à tous les Européens, et d’autre part une Europe de Projets (recherche, défense, politique étrangère commune). La construction européenne doit se poursuivre à plusieurs vitesses, avec l'espoir qu'une saine émulation ressorte des pratiques de chaque pays, par exemple grâce à la concurrence fiscale.
Dans le monde des années 50 et 60, le Projet Européen a triomphé des nationalismes et contribué à la prospérité de ses membres en organisant la liberté des échanges. Aujourd'hui, l'Europe a pris du retard sur le dynamisme non seulement de l'Amérique du Nord, mais aussi de l'Asie. L'Europe doit s'adapter à ces enjeux bien différents en continuant à privilégier les solutions libérales qui ont contribué au dynamisme et à l'enrichissement des zones les plus dynamiques.