05 Janvier 2010

Plutôt que des emplois aidés, aidons l’emploi

Face aux menaces qui pèsent sur la croissance et l’emploi, le gouvernement a annoncé des mesures superficielles qui ne sont pas à la hauteur des enjeux de la crise. La vieille recette des emplois aidés répond aux effets plutôt qu’aux causes du chômage. Si les emplois aidés des associations et de l’Etat ont surtout servi à maquiller les chiffres du chômage, ceux du secteur privé ont trouvé leur utilité en atténuant les trois problèmes suivants : l’inadaptation de la plupart de nos filières d'enseignement aux réalités du monde du travail, l’absence de flexibilité et le coût excessif du travail. Face à l'urgence actuelle, il est possible d'agir sur les deux derniers points. L’assouplissement du travail le dimanche et celui du recours aux CDD dans les PME vont dans ce sens. Mais plus que des rustines, nous avons besoin de réformes véritablement structurelles.

La création d’emplois exige préalablement de la croissance, mais aussi le retrait des freins à l’embauche. Le droit du travail est complexe et fait perdre du temps et des ressources aux entreprises, particulièrement les plus petites. Pour autant, les études montrent régulièrement que les salariés ne sentent pas pour autant en sécurité. Il est temps de mettre en œuvre les propositions de la Commission Attali sur la question concernant la rupture de contrat à l’amiable et l’élargissement des motifs de licenciement économique et d'expérimenter, en France, les solutions de Flexisécurité qui ont fait leurs preuves ailleurs en Europe. Par ailleurs, il est reconnu que, dans leur fonctionnement actuel, les Conseils de Prud'hommes entretiennent une insécurité juridique des employeurs, nuisible à l’emploi. La professionnalisation des juridictions de droit du travail rendrait les conflits moins hasardeux.

Mais aucune réforme de fond ne pourra contourner la question du renchérissement du coût du travail par le poids des charges sociales. Ces charges sociales représentent la moitié de la valeur du travail, et le salaire net l’autre moitié. Cette répartition pénalise injustement le travail et les salariés, tout en privant les Français du choix de leurs couvertures sociales. Il est urgent de diminuer les charges et taxes qui pèsent sur le travail, en partageant équitablement le gain entre les entreprises et les salariés. Allons plus loin et rendons aux salariés l’essentiel des fruits de leurs efforts afin qu’ils soient directement responsables de leur épargne retraite et de leur assurance santé. Pour éveiller la conscience des Français sur ce sujet sensible, il serait utile d’instaurer le salaire complet, fusion du salaire brut et de l’essentiel des charges patronales.