28 Janvier 2010

Dette publique : les Français veulent une diminution des dépenses publiques, pas une augmentation de la pression fiscale

La dette publique inquiète désormais 75 % des Français. Ce n’est donc pas un hasard si l’Elysée lance une grande opération de communication en recevant les principaux acteurs publics responsables de l’envolée des déficits. Au Parti Libéral Démocrate, où nous n’avons cessé de dénoncer cette dérive, nous saluons l’initiative. Mais nous nous interrogeons et nous inquiétons sur l’issue de cette réunion qui ne convainc ni sur le fonds, ni sur la forme.

Il s’agit avant tout d’une opération de communication destinée à gagner du temps, car aucune décision ne sera prise à l’issue de ces entretiens. Pourtant, 92 % des Français se déclarent favorables à une réduction des dépenses publiques selon un sondage iFOP. Plus grave, nous constatons l’absence des représentants de la société civile dans le débat. Pourquoi Contribuables Associés, expert dans la chasse au gaspi des finances publiques depuis 20 ans, ou des thinks tanks comme l’Ifrap, réputés pour leur implication dans la l’analyse de la dépense publique, ne sont-ils pas invités à exposer leurs propositions ? Réunir les seuls coupables de l’explosion des dépenses autour de la table revient, sur la forme, à demander à des buveurs impénitents des solutions pour lutter contre l’alcoolisme !

Sur le fonds, les mesures esquissées par Eric Woerth ne sont pas convaincantes. Compter sur la croissance pour résorber la moitié du déficit annuel (50 milliards d’euros) exige des mesures fortes en faveur de l’emploi, de l’initiative et de l’entrepreneuriat. Comme le Parti Libéral Démocrate le propose, défiscalisons les apports en fonds propres dans les PME et baissons drastiquement les charges sociales qui pèsent sur leur compétitivité. A ce jour, rien ne semble prévu pour activer ce levier essentiel du désendettement.

La diminution des dépenses ressemble davantage, comme par le passé, à des réglages techniques à la marge : diminution des remboursements pour les malades, non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Le temps n’est plus aux ajustements comptables. Nous souhaitons que le gouvernement mette toute son énergie dans une restructuration ambitieuse du fonctionnement des administrations publiques, sur le modèle des réformes entreprises en Suède, au Canada ou en Nouvelle-Zélande. Ces réformes passent par une réforme de l’emploi public, du fonctionnement de l’Etat et de son périmètre d’activité.

Les Français sont lucides et veulent un Etat moins lourd et plus performant dans ses missions régaliennes. Aujourd’hui, ils se déclarent prêts à suivre un projet ambitieux de diminution de la dépense publique. Le Parti Libéral Démocrate encourage les parlementaires à s’emparer du sujet et à prendre clairement position dans ce sens.