14 Janvier 2010

Une véritable réforme de l’enseignement est possible

Les syndicats et la gauche ont choisi l’annonce de la « suppression » des heures d’enseignement d’histoire en terminale pour faire monter la pression contre la réforme du lycée. D’autres aspects du projet de Luc Chatel auraient pu servir de prétexte à cette grogne presque rituelle, comme par exemple la réduction du volume horaire de cours. Justifiées ou non, ces protestations visent surtout une tradition néfaste : chaque ministre cherche à imprimer sa marque à l’Education Nationale par des mesures qui, à défaut de correspondre à une vision claire, perturbent de manière chaotique le travail des enseignants et la vie des établissements scolaires. Quitte à réformer et à déclencher les critiques, il aurait clairement été préférable de proposer un projet beaucoup plus ambitieux et cohérent. La réforme estampillée "Luc Chatel", comme toutes les précédentes, n'est encore une fois qu'une série de retouches qui ne guériront pas une Education Nationale malade de son immobilisme.e. Les libéraux écrivent une lettre à la victime présumée.

Pour autant, nous défendons l'un des éléments clefs de ce projet venant rompre avec les réglages techniques d’usage, et qui nous semble aller dans le sens de l'autonomie des établissements : le principe d’accompagnement personnalisé des élèves. Dans la perspective de donner plus de marge de manoeuvre aux établissements, cet accompagnement individualisé de la seconde à la terminale sera mis en place au sein de chaque établissement. Cependant, pourquoi ne l’avoir cantonné qu’à deux heures hebdomadaires par élève ? Pourquoi ne pas proposer d’étendre cette autonomie pédagogique, sous l’autorité du chef d’établissement, à l’essentiel des matières ?

La suppression de la carte scolaire entraînera davantage d’effets pervers que de bénéfices tant que les parents n’auront pas, dans les faits, le choix entre différents établissements. En effet, la liberté de choix n’est possible que si plusieurs modèles d’enseignement sont proposés aux parents. Par conséquent, la fin de la carte scolaire doit s’accompagner de l'autonomie pédagogique de chaque établissement scolaire. C’est par l’introduction de cette saine émulation que nous mettrons fin à la spirale de l’échec de notre système éducatif.