25 Août 2010

Affaire Chirac et emplois fictifs: petits arrangements entre amis

Entre l’UMP et Bertrand Delanoë, socialiste et maire de Paris, la chose semble entendue. Le protocole d’accord visant à soulager l'ancien président de la république à son procès en correctionnelle ne devrait être qu'une formalité. A droite comme à gauche, rares sont les opposants à cet arrangement. Refusant la fatalité de la corruption, le Parti Libéral Démocrate déclare ce règlement moralement choquant, d'autant plus que l'UMP aura bénéficié de 170 millions d'euros d'argent public sur la mandature actuelle. Au terme d'un été riche en scandales politiques, cette affaire ne peut que jeter davantage le discrédit sur une classe d’hommes politiques apparaissant aux yeux du peuple français comme des « coquins et copains » aux pratiques mafieuses.

L’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris sous la mandature de Jacques Chirac n’est pas la première des affaires de « détournement de fonds publics » et d’« abus de confiance » qui émaillent la vie politique française. Pourtant, elle est emblématique, car elle concerne un ancien président protégé jusqu’en 2007 contre toute action en justice. Ce procès aurait conduit à une condamnation symbolique, certes, mais aurait eu le mérite de prouver qu’aucune personne, eusse-t-elle occupé les plus hautes fonctions exécutives, n’est au-dessus des lois.

Transfert de mallette de billets contre absence de condamnation : ceci révèle un mépris total de la justice. Au terme d'un été riche en scandales politiques, cette affaire renforce la présomption de corruption à l'encontre des membres de cette classe politique au pouvoir. Après avoir judicieusement ajusté les règles électorales, elle a quasiment confisqué le pouvoir et peut se livrer en toute impunité à des pratiques mafieuses entre « coquins et copains ». Tout un ensemble d'hommes au pouvoir montrent chaque jour davantage qu’ils ont perdu le sens des valeurs, de l'honnêteté, du service et de la justice au profit d’intérêts particuliers et de jeux de pouvoir.

Eva Joly a déclaré : "C'est un mauvais 'deal' au très haut niveau qui traduit une fois encore un mépris de la justice". Mauvais mais entériné par les élus verts du conseil de Paris. Les écologistes n'agissent finalement pas différemment du PS : faites ce qu'on dit, pas ce qu'on fait.