18 Septembre 2011

Réduire la dépense publique : une priorité

La France a un besoin vital de réduire ses dépenses publiques. L’approche bureaucratique du non-remplacement d’un départ en retraite sur deux fonctionne mal : l’administration se débrouille pour déplacer ses financements et transférer les créations d’effectifs vers les ‘ODAC’, filiales de l’État non-incluses dans le champ de la RGPP jusqu’à récemment. L’écart de dix points de PIB de dépenses publiques avec nos partenaires le prouve : il existe des marges de manœuvre considérables. Mais pour les atteindre, il faut enclencher des réformes de structure.

La performance d’une mission d’intérêt général ne dépend pas tant des moyens que de son organisation. Faire mieux avec moins, c’est possible : deux exemples nous montrent comment. Un élève en école privée coûte 30 à 35 % moins cher que dans une école publique. Un patient en clinique privée coûte à la sécu 25 % de moins que le même patient en hôpital public.

Une étude de l’Ifrap a montré que la France peut faire de très grosses économies dans le budget attribué à l’enseignement. Rappelons que pour deux enseignants sur le terrain, l’Éducation nationale emploie un fonctionnaire dans un bureau. Comme le président du Parti libéral démocrate l’a proposé dans une tribune publiée par les Echos, l’autonomie complète des établissements scolaires et la suppression du ministère de l’Éducation nationale diminueraient sensiblement le budget actuel de 60 milliards d’euros. Plutôt que de supprimer arbitrairement des postes d’enseignant dans des établissements administrés, nous proposons de rendre aux établissements la libre gestion de leur budget et de les financer par les « chèques éducation » attribués aux parents.

Nous retrouvons cet écart dans le secteur de la santé. « Il y a un écart de 26% en faveur du secteur public », affirme un responsable de la FHP qui regroupe 600 cliniques et hôpitaux privés. En octobre 2010, cette fédération a d’ailleurs saisi la Commission européenne d'une plainte à l'encontre de l'Etat français, pour atteinte à la libre concurrence des établissements de santé et « aides illicites au profit des établissements publics ». Contrairement à ce que le secteur public tente de nous faire croire, les cliniques ne sont pas uniquement destinées aux plus aisés (ce qui serait déjà une reconnaissance de soins et d’un service meilleurs), elles sont surtout mieux gérées. Ce n’est donc pas seulement l’alignement des remboursements de la sécu du secteur public sur le privé qu’il faut réaliser, mais surtout faire sauter la bureaucratie hospitalière qui plombe les comptes de la sécurité sociale et handicape le personnel soignant souvent dévoué à ses tâches.

Dans de nombreux secteurs, la France doit prendre exemple sur les réformes des pays qui ont supprimé leur bureaucratie planificatrice, coûteuse et inutile. L'enjeu des déficits ne réside pas tant dans la réduction de la fraude ou les coupes comptables, mais bien dans la modernisation du fonctionnement des services de l'Etat et dans l'amélioration de leur efficacité, en les aiguillonnant par l'ouverture à la concurrence.